Mois : novembre 2009

L’arrière boutique Soliv’r…

Dans le domaine du commerce solidaire, gérer ses stocks s’avère être un épineux problème  sur lequel nous n’avions pas forcément concentré nos efforts au tout début de notre activité.

Stock Soliv'r

Nos stocks

Les produits fabriqués en petites quantités par des individus seuls ou en petits groupes – comme les femmes palestiniennes et leurs broderies – posent quelques difficultés pour la gestion des stocks.

En effet, les pièces sont uniques, faites mains, l’une après l’autre. Chaque pièce est particulière, avec ses défauts et ses qualités. Il est quasiment impossible d’obtenir des confections rigoureusement identiques, impossible aussi d’augmenter la production dans des délais réduits. Dans notre boutique, les portes monnaies ou les taies d’oreillers ont gardé la marque de fabrique et l’empreinte des femmes qui les ont confectionnés.

De ce fait, les dimensions peuvent quelque fois varier d’une taie à l’autre, d’un modèle à l’autre. L’industrialisation est encore loin et le but n’est pas d’y parvenir, l’objectif étant de donner à ses femmes un moyen de subsistance, un moyen de gagner leur vie dignement tout en perpétuant un savoir-faire. Savoir-faire qui tend à disparaitre avec l’importation de produits bon marché…( les produits chinois font aussi un tabac en Palestine!)

Le référencement de ces produits sur le site se complique alors. Chaque produit correspond à une référence, ce qui réduit considérablement les stocks.

L’autre difficulté est d’avoir une visibilité sur les stocks. Les produits ne correspondent pas aux standards  de  la grande consommation. Par ailleurs, les ventes sont plutôt fluctuantes. Si un produit vient à manquer, le réapprovisionnement ne permet pas de garantir au client de retrouver le même produit (même motifs brodés, dimensions identiques,…).

Comment gérer l’approvisionnement?

Les stocks sont réapprovisionnés en fonction des ventes. A titre d’exemple, en ce qui concerne les broderies, nous faisons parvenir aux brodeuses (via une association) nos commandes qui sont réalisées en fonction de la demande. Si des stocks subsistent sur place, ce qui peut arriver, la durée de réapprovisionnement sera courte ( égale au délai d’acheminement) , s’il n’y en a pas , à cette durée s’ajoutera le temps de confection (qui peut être de plusieurs semaines suivant la complexité des broderies).

Quant aux produits alimentaires ou de soins, étant fabriqués en grande quantité, il n’y a pas de difficulté majeure, les produits sont facilement disponibles chez les fournisseurs.

Les olives palestiniennes…Témoignages

J’ai trouvé important de vous faire partager ce témoignage fort et riche d’un agriculteur sur sa vie de fermier, de l’estime des palestiniens pour l’olive, de son arbre et quelques informations techniques sur sa récolte…

Ma mère dit que je devrais porter des manches longues parce que quelquefois, les oliviers palestiniens ne partagent leurs fruits qu’au prix d’un peu de résistance. Mais je trouve que ces quelques petites égratignures sont une marque honorifique et le moins que je doive à nos arbres bienaimés. Toute l’année, nous attendons ces jours-là. Ma sœur, ma femme, ma mère et moi récoltons les olives, quelquefois en silence, quelquefois en parlant de banalités, et rarement de choses graves. Mais nous n’en pensons pas moins.

Les olives de Mazin

Les olives de Mazin

Mes pensées vont aux Palestiniens qui ont perdu leurs oliveraies au bénéfice de l’activité de colonisation (plus d’un million d’arbres ont été déracinés). La photo de la vielle dame qui enlace son arbre qui va être coupé par les occupants israéliens me traverse l’esprit. Elle me rappelle mon père, décédé à cette époque. Je me sens en paix avec le chagrin et la colère, submergé par des émotions de gratitude et de sérénité sous les oliviers. La récolte des olives est après tout une sorte de culte. La stimulation de nos sens pendant la cueillette est difficile à décrire. Ce n’est pas seulement le parfum revigorant des feuilles des oliviers et les bouffées d’odeur d’huile d’olive, mais la forme et la sensation de chaque olive, tandis que nos mains peignent l’arbre comme une mère peigne les cheveux de ses filles, la vue des bienaimés s’occupant du même arbre avant de passer à un autre. Nous accueillons en souriant les voisins qui s’arrêtent pour dire bonjour, ou commenter la production de cette année (pauvre cette année car l’année dernière fut vraiment bonne et ces choses alternent).

Les mécanismes de la récolte et de l’après-récolte deviennent habituels pour quiconque l’a fait une fois. On étale de vieux tapis ou des draps sous l’arbre, et on y fait tomber les olives (sans jamais frapper l’arbre !). On sépare les feuilles des olives et on enlève toutes les tiges qui restent (sur un « sidr« , un plateau incliné). On les laisse à l’abri de l’air sur des nattes, dans un endroit sec, et on met les plus grosses dans la saumure, c’est-à-dire qu’on les fissure et on les recouvre d’eau mélangée à du sel, du jus de citron, des morceaux de citron et quelques feuilles de citron. Le reste des olives est emmené à la presse pour produire l’huile. Jadis, nous avions un pressoir en pierre, avec un animal (un âne ou une mule) tirant deux grandes pierres circulaires placés dans une pierre creusée comme un moule à gâteau. Aujourd’hui, les presses modernes (fabriquées en Turquie) le font en un rien de temps.

Il est difficile de décrire à un non-Palestinien ce que l’olivier signifie pour nous. On pourrait parler de choses pratiques, mais ça serait comme dire que nos épouses comptent beaucoup pour nous parce que… (et faire la liste de tout ce qu’elles font). Ce sont bien sûr des choses importantes mais ce n’est pas tout, et ce n’est pas ainsi qu’on peut rendre justice aux gens ou autres éléments vivants que nous aimons. Mais comme faire la liste de ce que font les gens aide les autres à visualiser leur personnalité, il en est de même pour l’olivier bien-aimé. Les Palestiniens cultivent les oliviers depuis plus de 5000 ans et tirent de grands bénéfices de ces merveilleux arbres robustes :

1) L’olive (“zeitoon”) est conservée (“rsees”) et mangée et elle est le seul aliment que l’on retrouve dans nos trois repas: le petit déjeuner, le déjeuner et le diner. On accorde à sa haute valeur nutritionnelle des effets très bénéfiques sur la santé.

2) L’huile d’olive (“zeit”) est la SEULE huile en Palestine. Elle est très nutritive et on l’utilise dans des dizaines de recettes. La recette principale et la plus commune, qui remonte à plus de 3000 ans, est “zeit u zaatar” (appelée quelquefois “zeit u dukka” ; on trempe le pain dans l’huile d’olive puis dans une poudre à base de thym (mélangé à des graines de sésame et à des épices). Le thym et le sésame, et beaucoup d’autres plantes, ont été « domestiqués » et utilisés ici même en Palestine (la partie occidentale du croissant fertile). Par le passé, l’huile d’olive a été énormément utilisée en Palestine dans les lampes à huile, pour la protection des cheveux et de la peau, comme lubrifiant, insecticide, et beaucoup d’autres utilisations.

3) Les noyaux des olives sont utilisés pour la fabrication des rosaires dont se sont servis pendant des centaines d’années tant les chrétiens que les musulmans palestiniens. Le simple fait de faire courir ses doigts sur ces noyaux, dans la méditation et la concentration, nous donne un sentiment de tranquillité et de paix (très nécessaires étant donné la situation de la Palestine au cours des siècles).

4) Avec le bois de l’olivier, on fait des objets artisanaux que les Palestiniens vendent aux pèlerins comme souvenirs de la Terre Sainte, ou qu’ils gardent chez eux. C’est vrai de toutes les traditions monothéistes. Ici à Bethléem, nos ancêtres en ont vécu comme artisans pendant des générations (ma propre famille a vécu de l’artisanat et de l’agriculture aussi loin que nous pouvons remonter au 16ème siècle).

5) Les feuilles et les branches des oliviers taillées cette saison compteront pour une part importante dans la nourriture des troupeaux de moutons et de chèvres pendant toute l’année.

6) L’olivier a été utilisé (mais moins récemment) comme bois de chauffage. C’est un bois robuste qui donne beaucoup plus de chaleur au kilo que tout autre bois que je connais. Les fonderies de verre d’Hébron (célèbres pour leur art du vitrail) utilisaient du charbon dérivé du bois d’olivier comme principale source d’énergie.

7) Les oliviers offrent à notre peuple un abri contre le soleil brulant et ont inspiré les poètes, les amoureux, les peintres et les prophètes à travers les âges.

8 ) Même la matière qui reste après la production de l’huile est recyclée comme source d’énergie.

La production de l’olive est toujours élevée une année, et basse la suivante (1). L’année dernière fut très bonne, cette année est médiocre et l’année prochaine, inshallah, elle sera meilleure, sauf nouvelle destruction par Israël, comme c’est arrivé récemment.

Pendant ce temps, nous jouissons de nos olives et espérons que vous viendrez nous voir en Palestine, pour que nous puissions vous servir quelques-uns de ses plats fantastiques dans lesquels nous mettons des olives ou leurs produits, et que nous pourrons le faire sous les oliviers.

J’ai également noté cette histoire intéressante d’un Palestinien en Chine, prouvant une fois encore qu’on peut mettre un Palestinien hors de la Palestine, mais qu’on ne peut pas mettre la Palestine hors d’un Palestinien : « China’s first olive harvest strikes oil »

[…]

Mahfoutha Shtayyeh, 65 ans, devenue un symbole de lutte contre les desctructions gratuites

Mahfoutha Shtayyeh, 65 ans, devenue un symbole de lutte contre les destructions gratuites et injustes

Ici, Mahfoutha Shtayyeg, 65 ans, qui « nous a inspirés quand elle a résisté, devant les soldats israéliens et les colons en 2004, qui déracinaient dans son village des centaines d’oliviers, la ressource de toute la communauté. Seule et sans défense, elle s’est cramponnée à un des quelques arbres restés debout. Son geste a dénoncé avec force la destruction gratuite et ses effets désastreux sur une population déjà dans la souffrance. » (Article OpenDemocracy du 6.12.2007 : Mahfoutha lauréate du Prix Sindiyanat el-Karama le 28 novembre 2007 en Jordanie).

(1) Production d’huile d’olive en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza de 1988 à 2004, en tonnes, montrant des différences cycliques d’une année sur l’autre :

1988 : 31.100
1989 : 1.690
1990 : 27.500
1991 : 570
1992 : 33.700
1993 : 525
1994 : 18.000
1995 : 8.628
1996 : 24.953
1997 : 5.500
1998 : 22.000
1999 : 3.800
2000 : 30.000
2001 : 6.686
2002 : 31.784
2003 : 11.300
2004 : 30.232

Source: http://www.ism-france.org/

Nos Savons de Naplouse

« Naplouse est une ville ou il fait bon se promener (…) Dieu très haut et tout puissant l’a comblé de l’arbre béni,  l’olivier, et son huile est transportée dans les régions égyptiennes, et du Levant et au Hedjaz, (…) dans les caravanes, (…) et on en fait un savon délicat, transporté jusque dans les îles de la Méditerranée. » (Écrit par le Cheikh al Rabuh al Dimashqi, mort en 1327)

Savons de Naplouse

Savons de Naplouse

Le savon est depuis toujours le produit de lavage que l’on utilise sur notre peau à tout moment de la journée. Le choix d’un savon ne doit pas donc être laissé à la légère !

A ce titre, le renommé savon de Naplouse est d’une qualité exceptionnelle, riche d’un savoir faire traditionnel de plusieurs siècles…

La fabrication du savon de Naplouse respecte toujours le procédé ancestral. Pour la saponification, la cuisson de l’huile d’olive,  de l’eau et de la soude est réalisée dans de grandes cuves appelées « halla » ou « qidra ».

Saponification dans la cuve "qidra"

Saponification dans la cuve "qidra"

Cette cuisson dure 3 jours, pendant lesquels le mélange est constamment remué. Ce mélange est ensuite transporté dans une pièce et versé sur sol « mafrach » pour le séchage qui dure une journée.

Séchage au sol "Mafrach"

Séchage au sol "Mafrach"

Enfin, le mélange est quadrillé au fil, tamponné de la marque de la savonnerie, découpé, empilé en pyramides « tananîr » pour un séchage de 15 jours.

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Pyramides "tananîr" , ancienne savonnerie de Naplouse

Entièrement naturel, le savon de Naplouse est composé exclusivement d’huile d’olive de Palestine – de 65 à 75% -, de soude naturelle (contenu dans les cendres d’une plante maritime, la salicorne) et d’eau, sans aucun produit chimique. De ce fait, le savon de Naplouse lave en douceur et assainit les peaux les plus sensibles, résiste à l’usure.  Le savon de Naplouse agit comme un véritable soin de peau grâce à l’huile d’olive qui nourrit la peau. Le savon de Naplouse est préconisé pour le lavage des cheveux dont il ralentit la chute (une à deux fois par semaine),  est reconnu pour être un excellent soin contre les maladies de la peau (acné, eczéma, psoriasis, …). On peut l’utiliser en masque pour le visage (à peu près 2 minutes). Le savon de Naplouse fait aussi une très bonne mousse à raser !

Notre savon de Naplouse vient de la fabrique de l’ancienne famille de savonniers Mojtaba Adnan Tbeleh, au village de Beit Furik, en bordure de Naplouse. Dix employés travaillent dans cette fabrique.

Au mois d’octobre 2007, la revue anglaise de consommation éthique Ethiscore a réalisé une étude de qualité sur une quinzaine de savons du monde entier. Noté sur 20, le savon de Naplouse de Mojtaba a obtenu une note de 16, alors que les savons tels que Dove, Palmolive, Nivéa ou Lux n’ont pas dépassé la barre de 5/20. Cette étude prend en compte aussi bien la qualité du savon, l’éthique des conditions de travail des employés ainsi que les caractéristiques naturelles du produit.

« Elle a été bénie cette ville au savon merveilleux
Il fit sa fierté parmi les villes et les pays
Les esprits ont cherché en vain sa formule
Et le secret resta caché, spirituel
Un diadème [tawq] de perfection l’a embelli
Et sa façon n’est que perfection
Mais son savon, et nul étonnement,
Deux diadèmes [Tûqân] l’embellissent
dans sa perfection »

Fadwa Tûqân

Crédits photos: http://www.palestineremembered.com/

Suivre ce lien pour commander en ligne nos savons de Naplouse: http://www.solivr.fr/bien-etre/savons.html

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