Mois : avril 2010

Du « virtuel » au « réel »

Le badge "Exposant"

Après plusieurs participations ces dernières semaines à différents salons et rencontres dans la région parisienne et ailleurs, il serait bon d’en tirer un bilan.

  • Est-ce utile?

Nous pensons que oui. Autant pour se faire connaitre hors des frontières du web, que pour confronter ses produits au public et ainsi constater les réactions, et prendre en compte les remarques et suggestions. Par exemple, un produit qui visuellement n’attire pas dans la réalité, comment pourrait-il plaire sur le web? Participer à ce genre d’opérations est le moyen de pouvoir toucher un public large et varié, de lui faire découvrir ou l’initier à la cause que nous défendons: le commerce éthique et solidaire pour Soliv’r, la défense des petits artisans et travailleurs palestiniens. Il y a une vie, une réalité en dehors du monde du net qu’il est important de ne pas négliger lorsque que l’on est nouveau et insignifiant face aux grands du web (Pixmania, Cdiscount,…). Cela est d’autant plus vrai lorsque les produits proposés sont particuliers voire méconnus.

  • Est-ce rentable?

Financièrement pas toujours. Quelques fois, les frais de participation peuvent être très élevés (fixés en fonction de la fréquentation et de la popularité  de l’évènement) . Accepter une telle invitation nécessite alors un réel effort budgétaire, tout en espérant rentabiliser la journée de participation. Typiquement, notre dernier salon ne fut pas très rentable financièrement. Toutefois, en terme de communication et publicité, ce fut un réel succès. Donc sur le long terme, participer à ce genre d’évènement peut être très bénéfique lorsque l’on s’y est bien préparé, à l’image d’une vente privée.

  • Est-ce fatiguant?

Oui, extrêmement! Nous comprenons maintenant la tâche difficile que supportent les brocanteurs et les vendeurs sur les marchés: déballer, remballer, attirer, discuter, négocier… c’est usant! Heureusement pour nous, les sources de motivation pour surmonter cette fatigue ne manquent pas. Les réactions des visiteurs en goûtant notre huile d’olive de Palestine, en sentant nos savons de Naplouse ou encore en dégustant notre Zaatar, sont appréciables et redonnent du courage pour continuer à le faire.

  • Comment bien s’y préparer?

Préparer son stand, c’est préparer ses stocks, le matériel nécessaire pour exposer les produits (tables, décors,…), la communication ( flyers, banderoles, fiches produits, étiquettes produits,…), le transport (la voiture seule peut être parfois insuffisante), préparer sa petite monnaie ( c’est LE souci!).

Préparer une exposition, c’est aussi travailler et soigner sa présentation, son argumentaire, connaitre ses produits sur le bout des doigts, c’est savoir être à l’écoute du client, accepter les critiques négatives, être toujours souriant et extrêmement patient… Nous ne faisons pas de la vente de masse, mais privilégions la communication et l’information, et nous avons constaté que cela influait positivement sur les ventes.

  • Conclusions?

Nous espérons pouvoir continuer à participer à ce genre d’évènements qui sont des moments de rencontres et d’échanges importants pour nous, e-commerçant, souvent seuls derrière nos ordinateurs, dont le seul lien avec le reste du monde est les aller-retours incessants à la Poste du quartier!… Bon, nous exagérons un peu mais la réalité n’est pas loin…

Organisateurs d’évènements, pensez à nous inviter!

Faire revivre la terre de Gaza

Les fleurs de Gaza

Faire revivre la terre de Gaza: c’est le défi que relèvent actuellement les agriculteurs de Gaza.

Après l’abandon en 2005 de la Bande de Gaza par les israéliens, les agriculteurs palestiniens ont repris possession des anciennes colonies israéliennes volontairement saccagées par ces derniers près de Khan Younes. Le témoignage du responsable de la zone agricole, M.AL Réghib, qui se situe désormais à cet endroit est encourageant pour l’avenir des Gazaouis: cette terre redevenue palestinienne est plus que prometteuse.

En quittant les lieux, l’armée israélienne a dévasté les champs, détruits les réservoir d’eau, mais le savoir-faire, l’amour des travailleurs et agriculteurs palestiniens pour leur terre en a fait aujourd’hui un espace plus beau encore qu’auparavant: pommiers, poiriers, manguiers, citronniers poussent en abondance sur des milliers d’hectares de terrains cultivés; sans oublier les précieux oliviers…
Selon M AL Reghib « les Palestiniens aiment planter ce type d’arbres, parce qu’ils représentent le symbole de l’héritage et de la tradition palestinienne ».

Des projets de fermes d’élevages (vache pour le lait, moutons, lapins, oies, poulets,…)   et de serres pour les légumes (des tomates, des oignons, de l’ail, des poivrons rouges et verts, des concombres, des pommes de terre, des melons, des pastèques,..) ont également vu le jour  et alimentent les marchés des villes et villages de Gaza. Sans oublier les magnifiques fleurs et roses de Gaza, malheureusement impossible à exporter, contraintes à être vendues une misère ou donner à manger au bétail.

Le blocus a certes limité le développement; mais pas la volonté et l’obstination des fermiers palestiniens qui sont à toutes épreuves: que ce soit pour pallier aux coupures d’électricité empêchant les pompes à eau pour l’irrigation de fonctionner, trouver du matériel pour les serres, ou encore pour remplacer les engrais, sans cesse bloqués à la frontière, en utilisant les déjections des animaux… Rien ne vient ternir le courage de leur persévérance.

Les projets agricoles ne manquent pas, tous dans le but de rendre la bande de Gaza autonome, sans dépendre de l’importation hasardeuse de fruits et légumes depuis l’étranger ou Israël.

« C’est un projet pour encourager les paysans et la solidarité entre les Palestiniens qui sont toujours sous blocus et subissent toujours ce siège inhumain « .

C’est une philosophie que partage Soliv’r.


Source: Avec la volonté, ils créent l’avenir
Crédit: Palstreet

Afficher les prix: bonne idée?

Afficher les prix?

Afficher les prix lors d’un salon , bonne idée ou pas?

Une question qui peut paraitre simple mais y répondre soulève bien des interrogations.

Tout d’abord, distinguons les deux raisons qui peuvent nous pousser à participer à un salon et d’y tenir un stand: communiquer, faire découvrir nos produits et disons le franchement, faire du chiffre!

En fonction de ce choix, quelles stratégies appliquées? Indiquer les prix au risque de faire fuir le client ou ne rien indiquer et saisir le moment où le client demande le prix pour communiquer sur le produit?

Les raisons qui nous poussent à participer aux salons et autres expositions ponctuelles est de pouvoir faire connaitre nos produits, la tradition et la culture palestinienne. Nous faisons du commerce équitable ce qui signifie créer un lien entre le producteur et le consommateur, qui n’existe pas pour un produit de grandes consommations. Ce n’est donc pas le prix qui doit attirer le client mais bel et bien le produit, son origine, son histoire.

Nous pensons que communiquer sur la qualité, l’origine, les conditions de fabrication du produit est un travail qui portera ses fruits sur du moyen et long terme. Changer les habitudes de consommation est aussi notre but. Ainsi, nous hésitons toujours à afficher les prix sur nos stands, à l’instar des brocantes dans lesquelles le badaud curieux et intrigué par un objet, le saisit, le contemple, le désire puis questionne pour connaitre le prix. Bonne ou mauvaise surprise à l’annonce du prix, le potentiel-futur acheteur ayant déjà apprécié le produit entre ses mains, aura de fortes chances d’acheter le produit, ou éventuellement négocier pour l’obtenir.

Les avantages sont bien évidement de pouvoir saisir l’occasion où le client intéressé par le produit demande le prix, pour communiquer sur le produit et convaincre l’acheteur hésitant. C’est l’instant très rare où le client est attentif et écoute présenter le produit, pour enfin donner le prix. Satisfait du prix, le client achète. Insatisfait, il repart mais conscient de l’existence de l’artisanat palestinien, du commerce éthique et solidaire. Sa conscience peut éventuellement lui faire changer d’avis ;-) pour revenir acheter!

Si maintenant notre but est de faire du chiffre, alors il faudrait afficher les prix, mais quels prix? Pour une grande majorité de consommateurs, le commerce équitable est une notion abstraite, sans réelles contraintes. Un produit reste un produit, le prix doit être le plus bas possible! Principe inapplicable pour des produits équitables. Afficher les prix est une chance de moins d’interpeller le visiteur: celui-ci regarde le prix au loin, fait les grands yeux, et s’en va! Sans avoir bien compris pourquoi l’huile d’olive de Palestine est si chère comparée à l’huile d’olive qu’il a l’habitude d’acheter au supermarché du coin!

Le consommateur est conditionné à distinguer clairement le prix, qu’il peut ainsi comparer du regard, étudier son budget, puis se laisser tenter en s’intéressant d’avantage au produit. C’est en fait la démarche inverse de la précédente… C’est le prix qui convainc et non le produit: c’est la démarche du consommateur dans sa forme la plus pure et dure! Tandis que le consommateur de produits équitables est un consommateur responsable.

Comment concilier les deux? Communiquer et faire du chiffre ( qui est le but de tout commerce, il ne faut pas l’oublier)?

Alors votre avis? Afficher ou ne pas afficher les prix?

L’art culinaire palestinien : cuisiner contre l’oubli

L'art culinaire palestinien: cuisiner contre l'oubli

Durant des millénaires, par sa position géographique et son histoire, la Palestine possède une cuisine diversifiée et haute en couleurs, où mille et une saveurs sont au rendez-vous !

La cuisine palestinienne s’est en effet enrichie à travers les siècles des peuples rencontrés. Ainsi, tout en conservant ses traditions ancestrales (hébreux, phéniciennes), elle a évolué avec les rencontres orientales, ottomanes, méditerranéennes. La Palestine a été pendant longtemps un point de passage des caravanes venant d’Inde et de Chine.

Son histoire et son évolution lui donne un fond culturel incontestable, et un charme particulier : gouter à la cuisine palestinienne fait ainsi voyager les sens…

La profusion et la qualité des produits de la terre de Palestine permettent de confectionner des mets savoureux et parfumés : dattes, miels, amandes, fraises, orangers, citronniers, roses, oliviers, aromates…

Une cuisine généreuse, qui s’appuie donc sur des aliments frais et sains : des fruits bien sûr, des légumineuses, et des légumes qui sont presque toujours accompagnés de la savoureuse huile d’olive palestinienne.

Le Zaatar palestinien, à base de thym séché, graines de sésame et sumac, est l’épice emblématique du Moyen Orient. Il est très utilisé au Liban, en Syrie, Jordanie, Irak, Turquie, Iran (et beaucoup plus récemment au Maghreb) . Le Zaatar donne cette saveur  et ce parfum typiques des pays du Moyen Orient, à la fois fruitée et acidulé.

C’est de loin l’épice la plus populaire de Palestine, que les femmes palestiniennes ramassent à travers les siècles sur les collines de Palestine. Le sumac était d’ailleurs connu des Romains de l’Antiquité…

Côté cuisine, le Zaatar de Palestine épice les légumes, salades, viandes, riz, pain et de façon générale les préparations salées.

Un véritable art culinaire dont il serait dommage de ne pas profiter ! Les repas commencent avec le mezze (assortiments de hors d’œuvres) tels que les fameux hommos, taboulé, caviar d’aubergines feuilles de vignes farcies… Puis viennent le/les plats, par exemple le plat national qui est le poulet palestinien. Du labné (lait fermenté) accompagnera les plats. Pour finir, des pâtisseries telles que la baqlawa palestinienne (feuilleté au miel et aux pistaches, noix, , noix de cajou, amandes ; parfois parfumé à l’eau de rose) ou knaffa (autre pâtisserie incontournable du Moyen Orient). Vient enfin le thé vert à la menthe glacé (ou chaud, c’est selon) à la palestinienne !

Un art qui permet également de lutter contre l’oubli, et de préserver l’héritage culturel palestinien. La cuisine dépasse son rôle fonctionnel, pour transmettre la culture palestinienne.


Une rubrique culinaire verra le jour sur notre blog pour diffuser des recettes palestiniennes pour le plaisir de nos lectrices et lecteurs!

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