Mois : octobre 2011

Nos keffiehs presque équitables

Depuis le lancement de notre boutique, nous proposons un keffieh « Made in Palestine », authentique et de qualité. Une certification officielle « commerce équitable » serait logiquement un plus, autant pour rassurer le client sur l’origine du produit, la qualité, les conditions de fabrication, et l’engagement à respecter, que pour améliorer les conditions de travail du fabriquant. Ceci étant, connaissant l’état du commerce du keffieh en Palestine, autant dire qu’elle est quasi… inutile.

En effet, nos keffiehs ne sont pas certifiés équitable sur l’emballage, mais l’histoire du produit, son origine, sa situation actuelle, font qu’ils le sont. Plus aucune fabrique de keffiehs ne tourne ou presque. Les dernières se comptent sur les doigts d’une main. En particulier une, celle de M. Hirbawi, la plus connue de tous, car la plus importante depuis le début de la fabrication de ce foulard il y a plusieurs décennies maintenant. Cette fabrique fut le sujet de nombreux reportages, dans les plus grands journaux internationaux. Dans ces articles, toujours les mêmes mots, les mêmes propos: l’activité du keffieh « Made in Palestine » tend à disparaitre. Faute à la Chine, faute à l’Inde, faute aux importateurs qui inondent le marché d’un ersatz de keffieh, parce qu’il ressemble, de loin, voire de très loin, au véritable keffieh palestinien. Ce n’est pourtant qu’une copie jetable après quelques lavages, à un prix imbattable. C’est une concurrence indirecte, mais qui fait de l’ombre au keffieh traditionnel. Les palestiniens les plus inquiets pour ce tissu noir et blanc, qui symbolise une lutte, un peuple, s’unissent contre cet envahisseur mais cela ne suffit plus. Il faut un souffle nouveau, un souffle venant de l’extérieur pour que cette activité puisse perdurer. C’est ce que nous essayons de faire, en distribuant les keffiehs Hirbawi en France.

Une certification commerce équitable est nécessaire quand un même produit local, de consommation courante – comme le riz, l’huile d’olive, le sucre –  est fabriqué aussi bien par des industriels en quantité importante, que par des petits fabricants de la région, qui eux, ont toujours vécu de cette fabrication artisanale. Ces artisans sont souvent alors contraints de fermer boutique, vendre leur terre, leurs outils de travail, pour laisser place nette, entraînant perte de revenus, régression sociale et parfois misère. Une certification commerce équitable est nécessaire donc lorsqu’une activité ancestrale vivrière se meurt face à une concurrence industrielle galopante, écrasant tout sur son passage, à l’image des industries céréalières, des fruit ou des agrumes…

Or, pour nos keffiehs de Palestine, il n’y a tout simplement plus personne qui les fabrique. Il n’y a aucune industrie qui confectionne le véritable et authentique keffieh « Made in Palestine ». Les gens qui achètent un foulard ressemblant à un keffieh ne savent pour la plupart rien de ce qu’il représente. Après qu’il ait été porté sur un podium de mode, puis par un chanteur sur scène ou un acteur au cinéma, la demande explose. La Chine et l’Inde fabriquent alors en masse. Pendant ce temps, le véritable keffieh palestinien meurt. Plus personne n’en veut.

Tous ces éléments, plus le fait que nos prix d’achats soient ceux proposés par Hirbawi, sans négociation tant notre but est de voir ce commerce repartir, font qu’il n’y a aucun doute. Nos keffiehs sont bel et bien équitables, éthiques et authentiques.

Crédit photo: l’une des deux machines à tisser encore en activité de la fabrique Hirbawi

Une savonnerie à Naplouse en 1940

Après le pressage des olives dans une ancienne savonnerie de Naplouse au début du 20e siecle, nous vous présentons la salle d’étalage, découpe et séchage des savons à l’huile d’olive, dans une autre savonnerie à Naplouse, dans les années 40.

Au premier plan, on peut apercevoir la dalle lisse sur laquelle le savon chaud et liquide est coulé, puis au second plan, un ouvrier en train de découper les carrés de savon. Enfin, en arrière plan, les savons sont entreposés en forme de pyramide pour un séchage optimal. A noter également sur l’un des piliers de la salle, le logo de la fabrique, un dromadaire, l’une des plus anciennes savonneries de Naplouse.

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Keffiehs et réapprovisionnement

C’est notre deuxième billet sur la gestion des stocks. Peut-être une preuve qu’il s’agit là d’un poste clé pour la réussite d’une entreprise commerciale.

Rendre un client satisfait est une priorité. Proposer des produits de qualité également. Faire en sorte que nos produits soient toujours en boutique en est une autre. Pour les premiers points, cela dépend entièrement de nous, mais pour le dernier, c’est une autre histoire.

En effet, aujourd’hui, notre trésorerie ne nous permet pas d’avoir des stocks importants, tout comme notre espace de stockage qui est très limité (une petite pièce seulement réservée au stockage). Il n’est techniquement et financièrement pas possible de commander par avance des keffiehs en très grande quantité, sans avoir préalablement épuisés les stocks. Autre point à prendre en compte est le fait que nous ne sommes pas à l’abri d’un souci lié à l’importation. Avoir de quoi payer les imprévus est un véritable soulagement. Cela nous est arrivé à plusieurs reprises. Nous essayons de nous en prémunir et d’anticiper un maximum ce genre de problèmes. Ainsi, nous limitons les quantités commandées pour éviter que la facture ne s’alourdissent si pépins il y a.

Dans le monde du commerce solidaire ou associatif, il est très courant que les petites structures fonctionnent avec un système de pré-commande: les futurs acheteurs pré-financent l’achat des stocks. Ce système permet de soulager l’entreprise financièrement et de permettre le renouvellement des stocks régulièrement, mais aussi et surtout, de garantir des commandes aux petits fabricants. En effet, ce dernier, avec un carnet de commandes plein, peut alors envisager une production sur le long terme, investir, se développer en tout sérénité. C’est rendre pérenne une activité qui au départ, était précaire voir morte. Nous allons creuser dans ce sens pour essayer de répondre aux besoins de tous, tout en assurant le développement de notre projet. A suivre…

Concernant les keffiehs, ils ont été commandés à la fabrique et ont été payés. Ils devraient être envoyés rapidement d’après la fabrique palestinienne. Nous faisons dans tous les cas le nécessaire pour qu’ils soient présentés en boutique au plus vite. Merci de votre patience.

Opération « Planter un olivier en Palestine »

Notre opération Planter un olivier en Palestine arrive presque à son terme. Muslim Hands France, l’ONG à l’origine du projet, vient de nous faire part du lancement des plantations pour cet automne, plus précisément durant ce mois de Novembre. Les oliviers que nous avons pu récoltés via notre boutique , 617 oliviers en tout, seront donc tous plantés dans quelques semaines, dans la région de Jérusalem.

Il reste encore quelques certificats de plantation à faire parvenir aux derniers donateurs. Ils seront tous envoyés.

Nous vous informerons de la suite des opérations.

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