Nous poursuivons la série avec l’épisode 2.

Le keffieh palestinien est une institution en Palestine. Autrefois porté par tout palestinien, en particulier les travailleurs, puis un temps délaissé, il est aujourd’hui revenu à la mode, en Occident comme accessoire de mode pour une majorité, mais aussi et surtout en Palestine, redevenu le symbole d’une lutte, qui n’a jamais cessé.

Le keffieh ou kufiyah comme l’appellent les palestiniens, est ce que l’on retient des Intifada, il y a quelques années de cela. Il est aussi la coiffe que portait Abu Mazen, surnom du défunt Yasser Arafat. Cette image de lutte lui a desservi quelques années plus tard. Ce sont les années noires de la fabrique palestinienne. La production a fortement chuté avec les accords d’Oslo en 1993 et les importations chinoises. En 1995, la fabrique ferme ses portes, faute de marché, de ventes suffisantes. 5 plus tard, les fils Hirbawi relancent l’activité. En 2000, il existait plusieurs dizaines de fabricants de keffiehs, aujourd’hui, un seul.

Autrefois produits à plusieurs centaines d’exemplaires par jour, jusque 1000, avec 16 machines. « Nous travaillions 17 à 18 heures par jour pour répondre à la demande locale, nous travaillions durement », assurent Judeh, l’un des fils. Aujourd’hui, environ 300 keffiehs sont fabriqués par semaine, sur 2 machines, essentiellement pour des touristes et autres demandes ponctuelles.

En photo, M Hirbawi, debout devant plusieurs keffiehs couleurs que nous vous avions proposés en boutique il y a plusieurs mois. Dans son dos, une photo de Yasser Arafat arborant le traditionnel keffieh noir et blanc. A ce sujet M. Hirbawi affirmait avant sa mort  » Quand je regarde Abu Mazen, je me dis, peut etre qu’il porte un de mes keffiehs. Mais j’ai envie de lui dire: « S’il te plait, protège-nous ». Mes machines sont en bon état, Elles peuvent fonctionner dès demain. J’ai juste besoin d’un marché. »

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