Catégorie : Histoire

Le savonnier et son compas

Un peu de mathématique pour la préparation de nos savons de Naplouse à l’huile d’olive. Après avoir présenté la méthode pour étaler le savon chaud et le découper, voici celle utilisée pour préparer la découpe.

Un simple compas, dont l’écartement choisi reste fixe, est posé sur le savon étalé. Puis, à chaque rotation du compas, la pointe enfoncée dans le savon laisse un repère. Une fois toute la longueur et la largeur de la dalle parcourue, on tend un fil imprégné de colorant entre chaque repère. Ce fil est alors plaqué sur la dalle ou claqué afin qu’une trace colorée, ici rouge pour nos savons, se dépose sur le savon.

On obtient alors un quadrillage parfait, sur toute la surface, prête à être découpée. Cette trace rouge est celle que l’on peut parfois retrouver sur nos savons de Naplouse. Elle disparait dès la première utilisation.

A Jénine, des champs, des oliviers

La région de Jénine, au nord de la Palestine, est réputée pour être le grenier de la Palestine. Tout y pousse ou presque. Les terres sont  fertiles, le climat y est favorable. Chaque espace est cultivé.

Dans les plaines, les herbes aromatiques, les céréales, fruits et légumes. En hauteur, à flanc de collines, les oliviers. Pas une montagne sans oliviers plantés en étage, 1 rangée d’oliviers par étage, jusqu’au sommet.

Nos keffiehs, la série: épisode 8

Nous terminons notre série sur nos keffiehs palestiniens, entamée il y a quelques semaines, 8 épisodes. Ce dernier article concerne l’étiquette cousue sur nos keffiehs. On peut y lire en arabe « Fabriqué en Palestine, Al Khalil ».

Al khalil, c’est le nom arabe de la ville dont son originaire nos keffiehs. Nos keffiehs proviennent de la ville de Hébron.
Hébron, Al Khalil, est située en Cisjordanie, au sud de Jérusalem plus précisément, en Judée Samarie. C’est l’une des plus anciennes villes du Proche-Orient encore habitée aujourd’hui.

Hébron est connue pour son artisanat, en particulier sa céramique aux couleurs blanches et bleues, et ses souffleurs de verre. En effet, cet artisanat remonte à plusieurs siècles, au Moyen-Âge et même avant. Hébron est aussi et surtout connue pour abriter le tombeau des Patriarches. Dans ce tombeau, y reposeraient selon les traditions le Père des hommes, Adam, les Prophètes Ibrahim, Isaac , Yacoub ainsi que leurs épouses respectives. Al Khalil, qui signifie « l’ami de Dieu » est le surnom du Prophète Ibrahim, qui a donné le nom de la ville, Hébron a la même signification en hébreu.

La fabrique se situe dans un de ses quartiers résidentiels, et y confectionne le symbole de la Palestine depuis plusieurs décennies maintenant.

Nos keffiehs, la série: épisode 7

Nous poursuivons la série avec l’épisode 7, bientôt la fin :). Pour relire l’épisode précédent, c’est ici.

Nous avons attendu ce 7ème épisode pour vous parler du mot keffieh, mot couramment utilisé pour désigner le tissu traditionnel porté par tous les palestiniens, des plus jeunes aux plus âgés. Nous aurions pu l’appeler autrement. Un keffieh est un keffieh et rien d’autre. Explications.

En Palestine, c’est le terme « kufiyah », ou « kufiyyat » qui prédomine. Le terme keffieh est surtout utilisé par les francophones. Ailleurs, dans d’autres régions, on parlera de « chamagh », de « hatta » ou encore de « ghutrah ». Chez les anglophones, le terme « keffiyeh » est largement utilisé. Tous ces termes désignent la même chose: un tissu aux motifs noir et blanc, rouge et blanc ou entièrement blanc, décoré de pompons ou non. Le mot diffère en fonction du pays dans lequel il est employé.

Un chèche, un turban, un foulard ou autres ne correspondent donc pas au keffieh traditionnel palestinien. Ils peuvent tout définir ou presque, tout ce qui vient d’ailleurs, et des pays arabes en particulier. Le terme chèche est d’ailleurs très apprécié des personnes friandes de produits exotiques: « – Oh, j’adoooore ton chèche! – Oui merci, je l’ai acheté en vacances à Marrakech ».

Le chèche désigne avant tout le tissu porté par les touaregs et les berbères d’Afrique, assez long (parfois plusieurs mètres), qui sert à couvrir la tête du soleil, de la poussière, du froid. Aujourd’hui plus court, il est porté le plus souvent autour du cou. Le turban lui est plus ou moins semblable, mais porté plutôt sur la tête au Moyen Orient, en Orient ou en Asie.

Le keffieh – kufiya- est quant à lui unique, puisque palestinien.

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