Catégorie : Histoire

Nos keffiehs, la série: épisode 8

Nous terminons notre série sur nos keffiehs palestiniens, entamée il y a quelques semaines, 8 épisodes. Ce dernier article concerne l’étiquette cousue sur nos keffiehs. On peut y lire en arabe « Fabriqué en Palestine, Al Khalil ».

Al khalil, c’est le nom arabe de la ville dont son originaire nos keffiehs. Nos keffiehs proviennent de la ville de Hébron.
Hébron, Al Khalil, est située en Cisjordanie, au sud de Jérusalem plus précisément, en Judée Samarie. C’est l’une des plus anciennes villes du Proche-Orient encore habitée aujourd’hui.

Hébron est connue pour son artisanat, en particulier sa céramique aux couleurs blanches et bleues, et ses souffleurs de verre. En effet, cet artisanat remonte à plusieurs siècles, au Moyen-Âge et même avant. Hébron est aussi et surtout connue pour abriter le tombeau des Patriarches. Dans ce tombeau, y reposeraient selon les traditions le Père des hommes, Adam, les Prophètes Ibrahim, Isaac , Yacoub ainsi que leurs épouses respectives. Al Khalil, qui signifie « l’ami de Dieu » est le surnom du Prophète Ibrahim, qui a donné le nom de la ville, Hébron a la même signification en hébreu.

La fabrique se situe dans un de ses quartiers résidentiels, et y confectionne le symbole de la Palestine depuis plusieurs décennies maintenant.

Nos keffiehs, la série: épisode 7

Nous poursuivons la série avec l’épisode 7, bientôt la fin :). Pour relire l’épisode précédent, c’est ici.

Nous avons attendu ce 7ème épisode pour vous parler du mot keffieh, mot couramment utilisé pour désigner le tissu traditionnel porté par tous les palestiniens, des plus jeunes aux plus âgés. Nous aurions pu l’appeler autrement. Un keffieh est un keffieh et rien d’autre. Explications.

En Palestine, c’est le terme « kufiyah », ou « kufiyyat » qui prédomine. Le terme keffieh est surtout utilisé par les francophones. Ailleurs, dans d’autres régions, on parlera de « chamagh », de « hatta » ou encore de « ghutrah ». Chez les anglophones, le terme « keffiyeh » est largement utilisé. Tous ces termes désignent la même chose: un tissu aux motifs noir et blanc, rouge et blanc ou entièrement blanc, décoré de pompons ou non. Le mot diffère en fonction du pays dans lequel il est employé.

Un chèche, un turban, un foulard ou autres ne correspondent donc pas au keffieh traditionnel palestinien. Ils peuvent tout définir ou presque, tout ce qui vient d’ailleurs, et des pays arabes en particulier. Le terme chèche est d’ailleurs très apprécié des personnes friandes de produits exotiques: « – Oh, j’adoooore ton chèche! – Oui merci, je l’ai acheté en vacances à Marrakech ».

Le chèche désigne avant tout le tissu porté par les touaregs et les berbères d’Afrique, assez long (parfois plusieurs mètres), qui sert à couvrir la tête du soleil, de la poussière, du froid. Aujourd’hui plus court, il est porté le plus souvent autour du cou. Le turban lui est plus ou moins semblable, mais porté plutôt sur la tête au Moyen Orient, en Orient ou en Asie.

Le keffieh – kufiya- est quant à lui unique, puisque palestinien.

Dans une savonnerie en 1940

Dans une savonnerie de Naplouse en 1940, l’huile d’olive, l’eau et la soude sont chauffées dans la cuve « qidra » et mélangées. On obtient le savon qui est ensuite emporté par les ouvriers pour être étalé dans la salle de stockage. Le liquide refroidit ainsi à même le sol. Le mélange se solidifie. Le savon est ensuite découpé dans la forme qu’on lui connait et est entreposé en pyramide pour le stockage et la fin du séchage. Au bout de quelques semaines, on obtient un véritable savon de Naplouse.

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Nos keffiehs, la série: épisode 6

Nous poursuivons notre série sur nos keffiehs palestiniens avec l’épisode 6. Pour lire l’épisode précédent, ici.

Nous vous présentons aujourd’hui la partie commerciale du keffieh en Palestine. Le keffieh palestinien, le vrai, est essentiellement vendu en Palestine. Le keffieh chinois ou indien quant à lui est proposé partout dans le monde, comme vous vous en doutez.

Le marché du keffieh en Palestine connait un nouvel essor, certes limité, mais prometteur tout de même. A ce jour, le keffieh est écoulé dans une dizaine de grandes villes palestiniennes, situées en Cisjordanie. Parmi les plus connues: Hébron, la ville du keffieh et de la céramique, Naplouse, connu pour ses savons à l’huile d’olive, Bethléem, Jérusalem of course et Ramallah, ville connaissant un développement économique grandissant. Il est donc possible de trouver parmi les imitations de véritables keffiehs made in Palestine. Cependant, certains commerçants palestiniens, dans l’enceinte de Jérusalem, ville la plus visitée de toute la Palestine, n’hésitent pas à proposer aux touristes le keffieh étranger, plus rentable que l’original.

En dehors du marché domestique, le keffieh made in Palestine s’exporte en premier lieu dans les pays voisins du Moyen Orient. Le Qatar, les Emirats sont les principaux clients. En europe, en France, soyons en fiers, nous sommes les premiers a voir importé de façon structurée et régulière le véritable keffieh palestinien :). Auparavant, quelques associations, de visite en Palestine, profitaient de l’occasion pour acheter quelques unités et les proposer à leurs adhérents. Aujourd’hui, nous avons pu constater l’émergence de nouvelles boutiques en ligne proposant certains modèles de nos keffiehs. En Angleterre, le véritable keffieh palestinien est aussi commercialisé. Outre atlantique, il existait une filière d’importation il y a quelque temps au Canada. De façon générale, le keffieh palestinien reste très peu exporté, peut être 10% seulement de la production de la fabrique Hirbawi, à peine plus. Izzat Hirbawi, l’un des fils du fondateur, n’est pourtant pas opposé à sa commercialisation au delà des frontières palestiniennes, mais il ne transige pas sur un point: « Le keffieh est une tradition en Palestine, et il doit être fabriqué en Palestine. Nous devons être les seuls qui le fabriquent ».

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