Ma vie d’agriculteur à Gaza

Le 26 décembre 2011

Nous tenons à vous faire partager ce témoignage de Hate’em, 53 ans, 7 enfants, travaille depuis l’âge de 9 ans, agriculteur dans la Bande de Gaza. Gaza, on n’en parle plus, ou presque. A peine citée lorsqu’une incursion israélienne vient ôter la vie de jeunes palestiniens avant de repasser tranquillement de l’autre coté du mur, c’est évidement dans le silence le plus complet que des parcelles entières de champs cultivés sont régulièrement détruites et des vies d’agriculteurs brisées. Les gazaouis et ses agriculteurs ne s’arrêtent pas de souffrir lorsque l’on ne parle plus de Gaza. Bien au contraire. Lisons…

Agé de 53 ans, Hate’em est agriculteur à Beit Lahia située au nord de la Bande de Gaza. Outre ses parents, Hate’em vit avec son épouse, ses quatre garçons et ses trois filles. Le père de famille n’avait que neuf ans lorsqu’il a été contraint de quitter l’école pour travailler la terre et ce, afin de venir en aide à son père qui faisait à l’époque face à des ennuis économiques.

Durant la période qui s’étale de 1991 à 2000 (date du déclenchement de l’Intifada), le commerce de Hate’em était prospère avec l’exportation de divers produits, dont des tomates, des pommes de terre et des fleurs à destination d’Israël et d’Europe. Cependant, souligne-t-il, depuis ce jour (l’an 2000), les choses ont changé et devant la fermeture des frontières et l’impossibilité de les franchir, l’exportation de ses produits a dû s’interrompre.

A l’époque, le revenu de Hate’em reposait principalement sur l’exportation de fraises et de fleurs, mais face à la politique de fermeture et d’étranglement, l’exportation de ces produits a connu une forte baisse. [...]

Et ce n’est pas tout. Hate’em raconte que durant les incursions fréquentes des forces israéliennes, les chars avaient détruit les récoltes des agriculteurs qui, même en retravaillant les terres, les chars revenaient pour les raser. C’est pourquoi, pour rétablir son terrain, Hate’em a dû faire appel à ses économies accumulées durant les années fortunées. Hate’em cultive ses plantes à quelques mètres du mur qu’Israël a construit pour renfermer Gaza. Il va sans dire que durant les moments tendus, Hate’em et les autres agriculteurs risquaient leur vie en travaillant la terre puisque les forces israéliennes n’hésitaient pas à ouvrir le feu sur eux.

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Hate’em cite un exemple où les agriculteurs répondent aux commandes qu’émet des fois Israël pour lui livrer plusieurs tonnes de poivrons, tout en accordant le permis d’exportation y afférent. Ainsi, l’agriculteur met le tout dans les paquets et envoie sa cargaison aux frontières et là, il reçoit l’appel du chauffeur de camion qui l’informe que souvent, il attend pendant deux ou trois heures. Et après deux ou trois jours, les produits avariés doivent être mis au pilon ; un processus que les agriculteurs doivent payer.

Dans le passé, se rappelle Hate’em, l’entreprise qui assurait l’exportation des marchandises envoyait des camions réfrigérateurs qui permettait de préserver le contenu. Hate’em se rappelle également du temps où, grâce au point de passage de Beit Hanoun (Erez), ses produits arrivaient en Europe en l’espace d’une journée seulement. Aujourd’hui, en plus des deux ou trois jours que l’acheminement nécessite, Israël s’accorde une autre journée d’inspection à travers Karm Abu Salem (Kerem Shalom). Ce point de passage, bien qu’il manque de la capacité opérationnelle nécessaire pour répondre aux besoins fondamentaux de Gaza, est donc devenu le seul point commercial dans la Bande [2].

Et face à ces produits qui ne sont plus frais mais qui sont quand même envoyés en Europe, les agriculteurs en font toujours les frais et reçoivent les factures pour les coûts associés aux frais de transport vers l’Europe. En 2004, Hate’em a cessé de cultiver les fraises avec les fleurs. [...]

Aujourd’hui, les agriculteurs se sont tournés vers le marché local où ils vendent leurs articles à perte. D’après Hate’em, ses pairs réunissent des fois 10 kg de différentes récoltes pour les vendre avec un prix équivalant à la moitié des coûts de la production. Il conclut : « Imaginez l’ampleur des pertes que nous subissons…la vie qui nous est imposée est une longue tragédie ».

[...]

Assis à ses côtés, Ahmed Mahmoud Tobail, un agriculteur avec Hate’em et qui suivait son récit nous souligne que leur galère s’est accrue au moment où les bénévoles des Nations Unies ont cessé d’apporter leur soutien aux agriculteurs travaillant la terre. Il ajoute : « Engager une main-d’œuvre suscite des coûts élevés et je ne peux me permettre. Seules les personnes ayant des enfants peuvent continuer de travailler parce que leurs enfants peuvent les aider, moi, je n’en ai pas ».

Ahmed conclut : « Gaza est au bord du gouffre et ne survivra sûrement pas aux problèmes de l’agriculture. Un jour, les agriculteurs devront prendre la décision d’arrêter de travailler leur terre ».

Pour lire le témoignage complet: ici

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Le 26 décembre 2011 à 21 h 06 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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Palestine: se réveiller sans terre

Le 22 septembre 2011
Imaginez-vous qu’un matin, à votre réveil, on vous annonce que vous allez être expulsé-e de votre domicile. On vous dit que vous n’avez plus le droit d’habiter sur la terre que vous occupez depuis des années. Et si vous refusez de partir, des hommes de main vous délogent par la force.

Heureusement, la plupart d’entre nous n’auront jamais à faire face à une telle situation. Cependant, pour de nombreuses communautés de pays en développement, cette pratique scandaleuse gagne du terrain. C’est ce que l’on appelle « l’accaparement des terres » : des transactions foncières, conclues le plus souvent dans l’ombre, aboutissent à l’expulsion d’agriculteurs et agricultrices de leurs maisons et privent soudainement des familles de nourriture.

Pour lire l’article complet d’Oxfam, c’est ici.

Cette réalité est quotidienne pour beaucoup de familles et de producteurs palestiniens. Le vol de terre, l’expropriation, la destruction de champs, de maisons, de mosquées,… Un exemple: la culture des agrumes notamment des oranges, une spécialité palestinienne, qui est devenue exclusivement israélienne de façon illégale.

En photo: un fermier palestinien sur les ruines de sa maison, démolie plusieurs fois par l’armée israélienne mais reconstruite avec détermination à chaque fois, dans la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie. Crédit.

Le 22 septembre 2011 à 21 h 09 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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Témoignages de producteurs d’huile d’olive équitable

Le 29 août 2010

Olives envoyées pour être pressées, Jénine, Palestine

Ahmed Ibrahim Sa’ideh, Ingénieur en mécanique
Silat al-Harithiya

« Le fait que le commerce équitable nous a permis de commercialiser des produits palestiniens en Europe et en Amérique du Nord est une énorme source de fierté pour nous Palestiniens. Le commerce équitable nous a montré une nouvelle façon de faire du commerce: une économie durable, une nouvelle éthique de travail, une augmentation de la productivité. Le commerce équitable nous a fait comprendre que la Palestine est aussi en mesure de rivaliser avec les produits du monde entier sur le marché mondial. »

Sbeh Mahmoud, producteur d’olives équitables

«Depuis plus de quatre ans, nous avons vendu notre huile sans faire de profit. Le commerce équitable nous permet de vendre notre huile à un bon prix, ce qui motive les agriculteurs à prendre soin de leurs terres et de leurs oliviers. Par exemple, nous avons appris à ne plus utiliser des produits chimiques nocifs et des pesticides, ce qui non seulement améliore la qualité de nos produits – mais c’est également bon pour notre santé, nos terres et notre environnement. »

Nasser Abufarha, fondateur de Canaan Faire Trade et de Palestinian Fair Trade Association
Al Jalama / Wisconsin

« L’augmentation des revenus, que le commerce équitable a permis pour des milliers de famille, a été vital pour les petits agriculteurs en Palestine, mais le commerce équitable n’est pas qu’une question de prix. Nous avons donné aux agriculteurs de l’espoir. C’est un échange économique qui reconnaît les droits des agriculteurs palestiniens et respecte leur relation à leurs terres, après des années de marginalisation sous l’occupation israélienne ».

Jaber Sadiq Al-Kerem, producteur d’olives équitables
Jalqamus

« Le commerce équitable fut notre roue de secours face à la situation économique désastreuse dans notre pays. En participant à des ateliers et conférences, nous avons appris les techniques de l’agriculture biologique, qui nous permettent de produire sainement une huile naturelle, et nous avons ont eu accès à des outils d’extraction d’huile les plus avancés en Palestine. Cela nous a permis d’améliorer grandement la qualité de notre huile – et les principes du commerce équitable garantissent que nous recevons des prix équitables pour nos produits. »

Mahmoud Issa, producteur d’olives équitables
‘Anin

« Le commerce équitable a véritablement dynamisé le secteur de la production d’huile d’olive dans de nombreuses parties de la Cisjordanie en garantissant des prix aux agriculteurs et un salaire juste. Dans le passé, nous étions souvent obligés de vendre nos produits à perte en raison de la situation économique, mais le commerce équitable a pu rétablir la foi des petits agriculteurs dans le potentiel du secteur agricole en Palestine. En outre, nous avons pu établir une relation plus directe avec nos clients, qui sont assurés de la qualité et la pureté de l’huile que nous produisons ».

Source: http://imeu.net/

Le 29 août 2010 à 17 h 32 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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Faire revivre la terre de Gaza

Le 23 avril 2010

Les fleurs de Gaza

Faire revivre la terre de Gaza: c’est le défi que relèvent actuellement les agriculteurs de Gaza.

Après l’abandon en 2005 de la Bande de Gaza par les israéliens, les agriculteurs palestiniens ont repris possession des anciennes colonies israéliennes volontairement saccagées par ces derniers près de Khan Younes. Le témoignage du responsable de la zone agricole, M.AL Réghib, qui se situe désormais à cet endroit est encourageant pour l’avenir des Gazaouis: cette terre redevenue palestinienne est plus que prometteuse.

En quittant les lieux, l’armée israélienne a dévasté les champs, détruits les réservoir d’eau, mais le savoir-faire, l’amour des travailleurs et agriculteurs palestiniens pour leur terre en a fait aujourd’hui un espace plus beau encore qu’auparavant: pommiers, poiriers, manguiers, citronniers poussent en abondance sur des milliers d’hectares de terrains cultivés; sans oublier les précieux oliviers…
Selon M AL Reghib « les Palestiniens aiment planter ce type d’arbres, parce qu’ils représentent le symbole de l’héritage et de la tradition palestinienne ».

Des projets de fermes d’élevages (vache pour le lait, moutons, lapins, oies, poulets,…)   et de serres pour les légumes (des tomates, des oignons, de l’ail, des poivrons rouges et verts, des concombres, des pommes de terre, des melons, des pastèques,..) ont également vu le jour  et alimentent les marchés des villes et villages de Gaza. Sans oublier les magnifiques fleurs et roses de Gaza, malheureusement impossible à exporter, contraintes à être vendues une misère ou donner à manger au bétail.

Le blocus a certes limité le développement; mais pas la volonté et l’obstination des fermiers palestiniens qui sont à toutes épreuves: que ce soit pour pallier aux coupures d’électricité empêchant les pompes à eau pour l’irrigation de fonctionner, trouver du matériel pour les serres, ou encore pour remplacer les engrais, sans cesse bloqués à la frontière, en utilisant les déjections des animaux… Rien ne vient ternir le courage de leur persévérance.

Les projets agricoles ne manquent pas, tous dans le but de rendre la bande de Gaza autonome, sans dépendre de l’importation hasardeuse de fruits et légumes depuis l’étranger ou Israël.

« C’est un projet pour encourager les paysans et la solidarité entre les Palestiniens qui sont toujours sous blocus et subissent toujours ce siège inhumain « .

C’est une philosophie que partage Soliv’r.


Source: Avec la volonté, ils créent l’avenir
Crédit: Palstreet

Le 23 avril 2010 à 22 h 13 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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