Faire revivre la terre de Gaza

Le 23 avril 2010

Les fleurs de Gaza

Faire revivre la terre de Gaza: c’est le défi que relèvent actuellement les agriculteurs de Gaza.

Après l’abandon en 2005 de la Bande de Gaza par les israéliens, les agriculteurs palestiniens ont repris possession des anciennes colonies israéliennes volontairement saccagées par ces derniers près de Khan Younes. Le témoignage du responsable de la zone agricole, M.AL Réghib, qui se situe désormais à cet endroit est encourageant pour l’avenir des Gazaouis: cette terre redevenue palestinienne est plus que prometteuse.

En quittant les lieux, l’armée israélienne a dévasté les champs, détruits les réservoir d’eau, mais le savoir-faire, l’amour des travailleurs et agriculteurs palestiniens pour leur terre en a fait aujourd’hui un espace plus beau encore qu’auparavant: pommiers, poiriers, manguiers, citronniers poussent en abondance sur des milliers d’hectares de terrains cultivés; sans oublier les précieux oliviers…
Selon M AL Reghib « les Palestiniens aiment planter ce type d’arbres, parce qu’ils représentent le symbole de l’héritage et de la tradition palestinienne ».

Des projets de fermes d’élevages (vache pour le lait, moutons, lapins, oies, poulets,…)   et de serres pour les légumes (des tomates, des oignons, de l’ail, des poivrons rouges et verts, des concombres, des pommes de terre, des melons, des pastèques,..) ont également vu le jour  et alimentent les marchés des villes et villages de Gaza. Sans oublier les magnifiques fleurs et roses de Gaza, malheureusement impossible à exporter, contraintes à être vendues une misère ou donner à manger au bétail.

Le blocus a certes limité le développement; mais pas la volonté et l’obstination des fermiers palestiniens qui sont à toutes épreuves: que ce soit pour pallier aux coupures d’électricité empêchant les pompes à eau pour l’irrigation de fonctionner, trouver du matériel pour les serres, ou encore pour remplacer les engrais, sans cesse bloqués à la frontière, en utilisant les déjections des animaux… Rien ne vient ternir le courage de leur persévérance.

Les projets agricoles ne manquent pas, tous dans le but de rendre la bande de Gaza autonome, sans dépendre de l’importation hasardeuse de fruits et légumes depuis l’étranger ou Israël.

« C’est un projet pour encourager les paysans et la solidarité entre les Palestiniens qui sont toujours sous blocus et subissent toujours ce siège inhumain « .

C’est une philosophie que partage Soliv’r.


Source: Avec la volonté, ils créent l’avenir
Crédit: Palstreet

Le 23 avril 2010 à 22 h 13 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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Projet humanitaire: un puits à Gaza!

Le 6 décembre 2009

Un projet d’aide aux agriculteurs palestiniens? Soliv’r se devait de vous en faire part!

Paysan

L'agriculture sans eau

Qui?

Muslim Hands est une ONG humanitaire. Son objectif est de combattre la pauvreté à travers des projets de développement durable comme les Grands Cadeaux de la Générosité qui permettent aux populations d’accéder à une autonomie financière, le fonds vert pour l’environnement, le programme pour une eau potable et le parrainage. Elle est présente dans près de 50 pays dans le monde.

Quel projet?

Le projet porté par Muslim Hands est la construction d’un puits en Palestine, dans la bande de Gaza pour permettre à des familles d’agriculteurs pauvres d’avoir une source d’eau potable et utilisable pour leurs besoins personnels et leurs champs. Dix familles pourront bénéficier de ce puits ce qui apportera une aide à 70 personnes environ. 1000 familles supplémentaires pourront bénéficier de cette eau indirectement.

Pourquoi ce projet?

Un constat alarmant a été fait. Le vol de terres n’étant pas suffisant, les palestiniens sont malheureusement aussi privés d’eau. Sans eau, plus de vies!

« Israël s’acharne à gagner le contrôle de l’eau souterraine et de surface dans le bassin du Jourdain, menaçant les zones agricoles les plus fertiles. »

« Le gouvernement israélien interdit aux Palestiniens de creuser de nouveaux puits sur leurs propres terres. Ceci est une vieille pratique qui signifie que lorsqu’un puit est sec, il n’y a plus d’eau. »

« Israël contrôle 80% de l’eau palestinienne et le contrôle régional s’est méthodiquement accru depuis des années. »

La pénurie est inévitable! Selon l’Autorité Palestinienne:

« Il manque de 40 à 70 millions de mètres cube pour couvrir les besoins des palestiniens. »

« 25% des communautés palestiniennes ne sont pas raccordées aux réseaux d’eau potable et qu’elles dépendent des sources et de la collecte des eaux de pluie. Selon le Dr Rabi, les Palestiniens dépensent 30-40% de leur revenu mensuel dans l’eau, ce qui est très élevé en comparaison de la moyenne mondiale reconnue qui représente 5% du Revenu. »

« 10% des communautés palestiniennes vivent avec moins de dix litres d’eau par jour et par personne. Tandis que la moyenne des colons israéliens est de l’ordre de 200 à 300 litres par jour. La consommation domestique d’un citoyen israélien est trois fois supérieure à celle d’un palestinien. »

Il faudrait plus d’un billet pour décrire tous les manquements alors faisons court: Aidez! Donnez pour que des agriculteurs pauvres puissent continuer à travailler et faire vivre leurs familles ainsi que leurs villages!

Comment aider?

Il suffit d’envoyer vos dons à Muslim Hands en indiquant le nom de l’opération « Projet Palestine 2009″ à :

Muslim Hands France
23 rue Faubourg Saint Denis 2ème étage Paris 75010.

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à les contacter au: 01 40 22 08 08 ou 06.79.79.99.54 (responsable de l’opération)

Le 6 décembre 2009 à 21 h 42 min par Soliv'r dans la catégorie: Initiatives

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Les olives palestiniennes…Témoignages

Le 20 novembre 2009

J’ai trouvé important de vous faire partager ce témoignage fort et riche d’un agriculteur sur sa vie de fermier, de l’estime des palestiniens pour l’olive, de son arbre et quelques informations techniques sur sa récolte…

Ma mère dit que je devrais porter des manches longues parce que quelquefois, les oliviers palestiniens ne partagent leurs fruits qu’au prix d’un peu de résistance. Mais je trouve que ces quelques petites égratignures sont une marque honorifique et le moins que je doive à nos arbres bienaimés. Toute l’année, nous attendons ces jours-là. Ma sœur, ma femme, ma mère et moi récoltons les olives, quelquefois en silence, quelquefois en parlant de banalités, et rarement de choses graves. Mais nous n’en pensons pas moins.

Les olives de Mazin

Les olives de Mazin

Mes pensées vont aux Palestiniens qui ont perdu leurs oliveraies au bénéfice de l’activité de colonisation (plus d’un million d’arbres ont été déracinés). La photo de la vielle dame qui enlace son arbre qui va être coupé par les occupants israéliens me traverse l’esprit. Elle me rappelle mon père, décédé à cette époque. Je me sens en paix avec le chagrin et la colère, submergé par des émotions de gratitude et de sérénité sous les oliviers. La récolte des olives est après tout une sorte de culte. La stimulation de nos sens pendant la cueillette est difficile à décrire. Ce n’est pas seulement le parfum revigorant des feuilles des oliviers et les bouffées d’odeur d’huile d’olive, mais la forme et la sensation de chaque olive, tandis que nos mains peignent l’arbre comme une mère peigne les cheveux de ses filles, la vue des bienaimés s’occupant du même arbre avant de passer à un autre. Nous accueillons en souriant les voisins qui s’arrêtent pour dire bonjour, ou commenter la production de cette année (pauvre cette année car l’année dernière fut vraiment bonne et ces choses alternent).

Les mécanismes de la récolte et de l’après-récolte deviennent habituels pour quiconque l’a fait une fois. On étale de vieux tapis ou des draps sous l’arbre, et on y fait tomber les olives (sans jamais frapper l’arbre !). On sépare les feuilles des olives et on enlève toutes les tiges qui restent (sur un « sidr« , un plateau incliné). On les laisse à l’abri de l’air sur des nattes, dans un endroit sec, et on met les plus grosses dans la saumure, c’est-à-dire qu’on les fissure et on les recouvre d’eau mélangée à du sel, du jus de citron, des morceaux de citron et quelques feuilles de citron. Le reste des olives est emmené à la presse pour produire l’huile. Jadis, nous avions un pressoir en pierre, avec un animal (un âne ou une mule) tirant deux grandes pierres circulaires placés dans une pierre creusée comme un moule à gâteau. Aujourd’hui, les presses modernes (fabriquées en Turquie) le font en un rien de temps.

Il est difficile de décrire à un non-Palestinien ce que l’olivier signifie pour nous. On pourrait parler de choses pratiques, mais ça serait comme dire que nos épouses comptent beaucoup pour nous parce que… (et faire la liste de tout ce qu’elles font). Ce sont bien sûr des choses importantes mais ce n’est pas tout, et ce n’est pas ainsi qu’on peut rendre justice aux gens ou autres éléments vivants que nous aimons. Mais comme faire la liste de ce que font les gens aide les autres à visualiser leur personnalité, il en est de même pour l’olivier bien-aimé. Les Palestiniens cultivent les oliviers depuis plus de 5000 ans et tirent de grands bénéfices de ces merveilleux arbres robustes :

1) L’olive (“zeitoon”) est conservée (“rsees”) et mangée et elle est le seul aliment que l’on retrouve dans nos trois repas: le petit déjeuner, le déjeuner et le diner. On accorde à sa haute valeur nutritionnelle des effets très bénéfiques sur la santé.

2) L’huile d’olive (“zeit”) est la SEULE huile en Palestine. Elle est très nutritive et on l’utilise dans des dizaines de recettes. La recette principale et la plus commune, qui remonte à plus de 3000 ans, est “zeit u zaatar” (appelée quelquefois “zeit u dukka” ; on trempe le pain dans l’huile d’olive puis dans une poudre à base de thym (mélangé à des graines de sésame et à des épices). Le thym et le sésame, et beaucoup d’autres plantes, ont été « domestiqués » et utilisés ici même en Palestine (la partie occidentale du croissant fertile). Par le passé, l’huile d’olive a été énormément utilisée en Palestine dans les lampes à huile, pour la protection des cheveux et de la peau, comme lubrifiant, insecticide, et beaucoup d’autres utilisations.

3) Les noyaux des olives sont utilisés pour la fabrication des rosaires dont se sont servis pendant des centaines d’années tant les chrétiens que les musulmans palestiniens. Le simple fait de faire courir ses doigts sur ces noyaux, dans la méditation et la concentration, nous donne un sentiment de tranquillité et de paix (très nécessaires étant donné la situation de la Palestine au cours des siècles).

4) Avec le bois de l’olivier, on fait des objets artisanaux que les Palestiniens vendent aux pèlerins comme souvenirs de la Terre Sainte, ou qu’ils gardent chez eux. C’est vrai de toutes les traditions monothéistes. Ici à Bethléem, nos ancêtres en ont vécu comme artisans pendant des générations (ma propre famille a vécu de l’artisanat et de l’agriculture aussi loin que nous pouvons remonter au 16ème siècle).

5) Les feuilles et les branches des oliviers taillées cette saison compteront pour une part importante dans la nourriture des troupeaux de moutons et de chèvres pendant toute l’année.

6) L’olivier a été utilisé (mais moins récemment) comme bois de chauffage. C’est un bois robuste qui donne beaucoup plus de chaleur au kilo que tout autre bois que je connais. Les fonderies de verre d’Hébron (célèbres pour leur art du vitrail) utilisaient du charbon dérivé du bois d’olivier comme principale source d’énergie.

7) Les oliviers offrent à notre peuple un abri contre le soleil brulant et ont inspiré les poètes, les amoureux, les peintres et les prophètes à travers les âges.

8 ) Même la matière qui reste après la production de l’huile est recyclée comme source d’énergie.

La production de l’olive est toujours élevée une année, et basse la suivante (1). L’année dernière fut très bonne, cette année est médiocre et l’année prochaine, inshallah, elle sera meilleure, sauf nouvelle destruction par Israël, comme c’est arrivé récemment.

Pendant ce temps, nous jouissons de nos olives et espérons que vous viendrez nous voir en Palestine, pour que nous puissions vous servir quelques-uns de ses plats fantastiques dans lesquels nous mettons des olives ou leurs produits, et que nous pourrons le faire sous les oliviers.

J’ai également noté cette histoire intéressante d’un Palestinien en Chine, prouvant une fois encore qu’on peut mettre un Palestinien hors de la Palestine, mais qu’on ne peut pas mettre la Palestine hors d’un Palestinien : « China’s first olive harvest strikes oil »

[...]

Mahfoutha Shtayyeh, 65 ans, devenue un symbole de lutte contre les desctructions gratuites

Mahfoutha Shtayyeh, 65 ans, devenue un symbole de lutte contre les destructions gratuites et injustes

Ici, Mahfoutha Shtayyeg, 65 ans, qui « nous a inspirés quand elle a résisté, devant les soldats israéliens et les colons en 2004, qui déracinaient dans son village des centaines d’oliviers, la ressource de toute la communauté. Seule et sans défense, elle s’est cramponnée à un des quelques arbres restés debout. Son geste a dénoncé avec force la destruction gratuite et ses effets désastreux sur une population déjà dans la souffrance. » (Article OpenDemocracy du 6.12.2007 : Mahfoutha lauréate du Prix Sindiyanat el-Karama le 28 novembre 2007 en Jordanie).

(1) Production d’huile d’olive en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza de 1988 à 2004, en tonnes, montrant des différences cycliques d’une année sur l’autre :

1988 : 31.100
1989 : 1.690
1990 : 27.500
1991 : 570
1992 : 33.700
1993 : 525
1994 : 18.000
1995 : 8.628
1996 : 24.953
1997 : 5.500
1998 : 22.000
1999 : 3.800
2000 : 30.000
2001 : 6.686
2002 : 31.784
2003 : 11.300
2004 : 30.232

Source: http://www.ism-france.org/

Le 20 novembre 2009 à 21 h 30 min par Soliv'r dans la catégorie: Témoignages

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