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Dattes medjoul, pas dispo, pas si grave

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Nous attendions un réassort pour nos dattes medjoul de Palestine. Nos dattes devaient partir mercredi dernier. Mais depuis une semaine, plus de nouvelles. Notre partenaire palestinien vient de nous apprendre que les palestiniens n’ont plus la liberté de circuler sur place. Les routes sont fermées. Les checks point de nouveau en place. Les transports sont arrêtés. Gaza est une prison, tout le monde le sait aujourd’hui. Mais la Cisjordanie, le reste de la Palestine, en quelques heures, peut se transformer en une seconde prison. C’est le cas aujourd’hui. Sachez-le. Qu’il y ait des dattes medjoul sur notre site ou pas, ce n’est finalement plus si important. Voici le message de notre partenaire:

All the roads closes in Palestine we can’t move to any place,there is no transport between the cities and between us and the world .
because of that the order will be late this time and sorry for that.
Don’t forget دعاء for us wa jazakom Allaho kairan.

Cultiver sans marché

C’est ce genre de vidéo, proposée par le PHCR de Gaza, qui nous pousse à poursuivre nos actions.  Cet agriculteur palestinien de Gaza explique comment il a perdu toutes chances de vendre le fruit de son travail au fil des années d’occupation. Cultiver sans pouvoir vendre si ce n’est sur le marché local ou pour les proches, c’est la seule opportunité qui s’offre à ces agriculteurs palestiniens.

Ma vie d’agriculteur à Gaza

Nous tenons à vous faire partager ce témoignage de Hate’em, 53 ans, 7 enfants, travaille depuis l’âge de 9 ans, agriculteur dans la Bande de Gaza. Gaza, on n’en parle plus, ou presque. A peine citée lorsqu’une incursion israélienne vient ôter la vie de jeunes palestiniens avant de repasser tranquillement de l’autre coté du mur, c’est évidement dans le silence le plus complet que des parcelles entières de champs cultivés sont régulièrement détruites et des vies d’agriculteurs brisées. Les gazaouis et ses agriculteurs ne s’arrêtent pas de souffrir lorsque l’on ne parle plus de Gaza. Bien au contraire. Lisons…

Agé de 53 ans, Hate’em est agriculteur à Beit Lahia située au nord de la Bande de Gaza. Outre ses parents, Hate’em vit avec son épouse, ses quatre garçons et ses trois filles. Le père de famille n’avait que neuf ans lorsqu’il a été contraint de quitter l’école pour travailler la terre et ce, afin de venir en aide à son père qui faisait à l’époque face à des ennuis économiques.

Durant la période qui s’étale de 1991 à 2000 (date du déclenchement de l’Intifada), le commerce de Hate’em était prospère avec l’exportation de divers produits, dont des tomates, des pommes de terre et des fleurs à destination d’Israël et d’Europe. Cependant, souligne-t-il, depuis ce jour (l’an 2000), les choses ont changé et devant la fermeture des frontières et l’impossibilité de les franchir, l’exportation de ses produits a dû s’interrompre.

A l’époque, le revenu de Hate’em reposait principalement sur l’exportation de fraises et de fleurs, mais face à la politique de fermeture et d’étranglement, l’exportation de ces produits a connu une forte baisse. […]

Et ce n’est pas tout. Hate’em raconte que durant les incursions fréquentes des forces israéliennes, les chars avaient détruit les récoltes des agriculteurs qui, même en retravaillant les terres, les chars revenaient pour les raser. C’est pourquoi, pour rétablir son terrain, Hate’em a dû faire appel à ses économies accumulées durant les années fortunées. Hate’em cultive ses plantes à quelques mètres du mur qu’Israël a construit pour renfermer Gaza. Il va sans dire que durant les moments tendus, Hate’em et les autres agriculteurs risquaient leur vie en travaillant la terre puisque les forces israéliennes n’hésitaient pas à ouvrir le feu sur eux.

[…]

Hate’em cite un exemple où les agriculteurs répondent aux commandes qu’émet des fois Israël pour lui livrer plusieurs tonnes de poivrons, tout en accordant le permis d’exportation y afférent. Ainsi, l’agriculteur met le tout dans les paquets et envoie sa cargaison aux frontières et là, il reçoit l’appel du chauffeur de camion qui l’informe que souvent, il attend pendant deux ou trois heures. Et après deux ou trois jours, les produits avariés doivent être mis au pilon ; un processus que les agriculteurs doivent payer.

Dans le passé, se rappelle Hate’em, l’entreprise qui assurait l’exportation des marchandises envoyait des camions réfrigérateurs qui permettait de préserver le contenu. Hate’em se rappelle également du temps où, grâce au point de passage de Beit Hanoun (Erez), ses produits arrivaient en Europe en l’espace d’une journée seulement. Aujourd’hui, en plus des deux ou trois jours que l’acheminement nécessite, Israël s’accorde une autre journée d’inspection à travers Karm Abu Salem (Kerem Shalom). Ce point de passage, bien qu’il manque de la capacité opérationnelle nécessaire pour répondre aux besoins fondamentaux de Gaza, est donc devenu le seul point commercial dans la Bande [2].

Et face à ces produits qui ne sont plus frais mais qui sont quand même envoyés en Europe, les agriculteurs en font toujours les frais et reçoivent les factures pour les coûts associés aux frais de transport vers l’Europe. En 2004, Hate’em a cessé de cultiver les fraises avec les fleurs. […]

Aujourd’hui, les agriculteurs se sont tournés vers le marché local où ils vendent leurs articles à perte. D’après Hate’em, ses pairs réunissent des fois 10 kg de différentes récoltes pour les vendre avec un prix équivalant à la moitié des coûts de la production. Il conclut : « Imaginez l’ampleur des pertes que nous subissons…la vie qui nous est imposée est une longue tragédie ».

[…]

Assis à ses côtés, Ahmed Mahmoud Tobail, un agriculteur avec Hate’em et qui suivait son récit nous souligne que leur galère s’est accrue au moment où les bénévoles des Nations Unies ont cessé d’apporter leur soutien aux agriculteurs travaillant la terre. Il ajoute : « Engager une main-d’œuvre suscite des coûts élevés et je ne peux me permettre. Seules les personnes ayant des enfants peuvent continuer de travailler parce que leurs enfants peuvent les aider, moi, je n’en ai pas ».

Ahmed conclut : « Gaza est au bord du gouffre et ne survivra sûrement pas aux problèmes de l’agriculture. Un jour, les agriculteurs devront prendre la décision d’arrêter de travailler leur terre ».

Pour lire le témoignage complet: ici

Crédit

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