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Nos keffiehs, la série: épisode 8

Nous terminons notre série sur nos keffiehs palestiniens, entamée il y a quelques semaines, 8 épisodes. Ce dernier article concerne l’étiquette cousue sur nos keffiehs. On peut y lire en arabe « Fabriqué en Palestine, Al Khalil ».

Al khalil, c’est le nom arabe de la ville dont son originaire nos keffiehs. Nos keffiehs proviennent de la ville de Hébron.
Hébron, Al Khalil, est située en Cisjordanie, au sud de Jérusalem plus précisément, en Judée Samarie. C’est l’une des plus anciennes villes du Proche-Orient encore habitée aujourd’hui.

Hébron est connue pour son artisanat, en particulier sa céramique aux couleurs blanches et bleues, et ses souffleurs de verre. En effet, cet artisanat remonte à plusieurs siècles, au Moyen-Âge et même avant. Hébron est aussi et surtout connue pour abriter le tombeau des Patriarches. Dans ce tombeau, y reposeraient selon les traditions le Père des hommes, Adam, les Prophètes Ibrahim, Isaac , Yacoub ainsi que leurs épouses respectives. Al Khalil, qui signifie « l’ami de Dieu » est le surnom du Prophète Ibrahim, qui a donné le nom de la ville, Hébron a la même signification en hébreu.

La fabrique se situe dans un de ses quartiers résidentiels, et y confectionne le symbole de la Palestine depuis plusieurs décennies maintenant.

Nos keffiehs, la série: épisode 6

Nous poursuivons notre série sur nos keffiehs palestiniens avec l’épisode 6. Pour lire l’épisode précédent, ici.

Nous vous présentons aujourd’hui la partie commerciale du keffieh en Palestine. Le keffieh palestinien, le vrai, est essentiellement vendu en Palestine. Le keffieh chinois ou indien quant à lui est proposé partout dans le monde, comme vous vous en doutez.

Le marché du keffieh en Palestine connait un nouvel essor, certes limité, mais prometteur tout de même. A ce jour, le keffieh est écoulé dans une dizaine de grandes villes palestiniennes, situées en Cisjordanie. Parmi les plus connues: Hébron, la ville du keffieh et de la céramique, Naplouse, connu pour ses savons à l’huile d’olive, Bethléem, Jérusalem of course et Ramallah, ville connaissant un développement économique grandissant. Il est donc possible de trouver parmi les imitations de véritables keffiehs made in Palestine. Cependant, certains commerçants palestiniens, dans l’enceinte de Jérusalem, ville la plus visitée de toute la Palestine, n’hésitent pas à proposer aux touristes le keffieh étranger, plus rentable que l’original.

En dehors du marché domestique, le keffieh made in Palestine s’exporte en premier lieu dans les pays voisins du Moyen Orient. Le Qatar, les Emirats sont les principaux clients. En europe, en France, soyons en fiers, nous sommes les premiers a voir importé de façon structurée et régulière le véritable keffieh palestinien :). Auparavant, quelques associations, de visite en Palestine, profitaient de l’occasion pour acheter quelques unités et les proposer à leurs adhérents. Aujourd’hui, nous avons pu constater l’émergence de nouvelles boutiques en ligne proposant certains modèles de nos keffiehs. En Angleterre, le véritable keffieh palestinien est aussi commercialisé. Outre atlantique, il existait une filière d’importation il y a quelque temps au Canada. De façon générale, le keffieh palestinien reste très peu exporté, peut être 10% seulement de la production de la fabrique Hirbawi, à peine plus. Izzat Hirbawi, l’un des fils du fondateur, n’est pourtant pas opposé à sa commercialisation au delà des frontières palestiniennes, mais il ne transige pas sur un point: « Le keffieh est une tradition en Palestine, et il doit être fabriqué en Palestine. Nous devons être les seuls qui le fabriquent ».

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Nos keffiehs, la série: épisode 3

Nous poursuivons notre série avec l’épisode 3. Pour relire l’épisode 2, c’est ici.

Les keffiehs proposés en boutique sont authentiques, et de qualité, nous ne le répèterons jamais assez. Quand les ersatz de keffiehs se contentent d’un imprimé coloré en guise d’originalité,  les keffiehs de la fabrique se démarquent par un fil coloré 100% coton, ce qui en fait un keffieh tendance et super résistant.

Historiquement, le keffieh noir et blanc est le premier conçu. Utilisé par les classes populaires et ouvrières, il servait surtout à se protéger du soleil, de la poussière, de la chaleur pendant le travail ou se protéger du froid en hiver. Les notables, afin de se démarquer, ont commencé à porter le keffieh rouge et blanc. Cette tendance est restée jusque lors. C’est la deuxième couleur la plus vendue en Palestine et ailleurs.

Par la suite, la fabrique se lança dans la fabrication de keffiehs aux multiples couleurs ou entièrement blanc. De l’aveu même du fondateur M. Hirbawi, il s’agit là d’un petit échec, signe que le keffieh noir et blanc seul ne suffit plus pour faire tourner la fabrique. Le keffieh couleur a une histoire récente. Il suit la tendance, il répond à la demande des touristes en visite en Palestine, à celle des plus jeunes palestiniens pour suivre la mode actuelle, mais aussi et surtout, il concurrence les produits chinois.

Au-delà des couleurs, il y a le motif. Le motif original est un motif en losange. De petits losanges pleins, de couleurs noirs, formant de plus grands losanges blancs. Le keffieh rouge et blanc présente un motif rouge plus serré tel un damier. Les keffiehs couleurs vendus par les concurrents ont des motifs beaucoup plus basiques imprimés: des carrés, un simple quadrillage de couleurs, des bandes, des pois, … Bref, un peu de tout mais rien de bien :). Chez Soliv’r, nous préférons l’original, un « must have » avant tout autre keffieh! :)

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Nos keffiehs, la série: épisode 2

Nous poursuivons la série avec l’épisode 2.

Le keffieh palestinien est une institution en Palestine. Autrefois porté par tout palestinien, en particulier les travailleurs, puis un temps délaissé, il est aujourd’hui revenu à la mode, en Occident comme accessoire de mode pour une majorité, mais aussi et surtout en Palestine, redevenu le symbole d’une lutte, qui n’a jamais cessé.

Le keffieh ou kufiyah comme l’appellent les palestiniens, est ce que l’on retient des Intifada, il y a quelques années de cela. Il est aussi la coiffe que portait Abu Mazen, surnom du défunt Yasser Arafat. Cette image de lutte lui a desservi quelques années plus tard. Ce sont les années noires de la fabrique palestinienne. La production a fortement chuté avec les accords d’Oslo en 1993 et les importations chinoises. En 1995, la fabrique ferme ses portes, faute de marché, de ventes suffisantes. 5 plus tard, les fils Hirbawi relancent l’activité. En 2000, il existait plusieurs dizaines de fabricants de keffiehs, aujourd’hui, un seul.

Autrefois produits à plusieurs centaines d’exemplaires par jour, jusque 1000, avec 16 machines. « Nous travaillions 17 à 18 heures par jour pour répondre à la demande locale, nous travaillions durement », assurent Judeh, l’un des fils. Aujourd’hui, environ 300 keffiehs sont fabriqués par semaine, sur 2 machines, essentiellement pour des touristes et autres demandes ponctuelles.

En photo, M Hirbawi, debout devant plusieurs keffiehs couleurs que nous vous avions proposés en boutique il y a plusieurs mois. Dans son dos, une photo de Yasser Arafat arborant le traditionnel keffieh noir et blanc. A ce sujet M. Hirbawi affirmait avant sa mort  » Quand je regarde Abu Mazen, je me dis, peut etre qu’il porte un de mes keffiehs. Mais j’ai envie de lui dire: « S’il te plait, protège-nous ». Mes machines sont en bon état, Elles peuvent fonctionner dès demain. J’ai juste besoin d’un marché. »

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