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Djilali, la maladie, un sourire, la vie

Il est rare que nous publions des articles sur des sujets qui ne concernent pas notre domaine d’activité. Mais suite à une rencontre, nous allons faire une exception et vous parler de Djilali.

Djilali, nous l’avons rencontré lors de la Rencontre Annuelle des Musulmans de l’Ouest à Nantes il y a quelques semaines. Nous avons parlé rapidement de lui sur Twitter. C’était notre voisin de stand. Originaire de Toulouse, il est venu jusqu’à Nantes, non pas pour vendre comme tous les autres exposants, ni même récolter de l’argent. Rien de tout cela. Il a parcouru presque 600 km pour parler d’enfants, montrer des photos, discuter avec ceux qui s’arrêtaient quelques minutes à son stand.

Assis sur sa chaise la plupart du temps, il se lève, ordonne ses photos, puis s’assied à nouveau… Quelques sourires esquissés, il reste seul. Quelques uns s’arrêtent à son stand, il se lève et entame une discussion. Il y met du cœur. Il parle vite, beaucoup, fait des gestes. Quelques larmes coulent sur le visage de ses interlocuteurs et repartent. Nous sommes intrigués et aimerions entendre ses récits. Nous attendons la fin de journée, au moment où il commence à ranger ses affaires pour échanger quelques mots sur son activité. Le choc. Le choc car ce sont des dizaines d’enfants sauvés de la mort, des adultes soignés sur le tard, des handicapés redevenus autonomes. En Algérie, au Mali, en France, Djilali est partout. Il voyage beaucoup, sans oublier d’emmener les enfants de son quartier de Toulouse, à qui il fait découvrir le monde. Djilali est sur tous les fronts. Il est psychologue, éducateur, manutentionnaire, logisticien, diplomate, infirmier, pharmacien… Il se forment sur le tas, s’instruit, fait tout ce qui il faut pour s’occuper d’enfants lourdement handicapés, pauvres ou orphelins, sans avoir besoin de personnes.

Djilali a une association, mais il préfère travailler seul car il estime que plus il y a du monde, moins on en fait. Djilali peut prendre un billet d’avion dans la minute, simplement pour emmener un médicament vital à un enfant privé de soin en Algérie par exemple. A plusieurs, il aurait fallu une semaine pour décider simplement d’une date de départ. Djilali est lui déjà sur place, voire même de retour prêt à aider un autre enfant. Djilali n’oublie pas d’emmener avec lui les personnes qui ont fait un don. Afin que ces derniers voient ce qu’ils n’avaient jamais vu auparavant, constatent l’insoutenable, mesurent l’importance de leur don. Djilali bataille quotidiennement avec les administrations françaises pour faire venir des enfants condamnés à vivre avec leur handicap. Il est incollable sur les documents à fournir, les dossiers médicaux, les visas médicaux, les petites astuces pour qu’un dossier soit traité rapidement…Bref, il est le meilleur pour remettre aux chirurgiens français les dossiers médicaux d’enfants oubliés dans leur village, dans leur famille pauvre.

Djilali, c’est surtout des dizaines, des centaines de médicaments, du matériel médical, des jouets, remis aux enfants hospitalisés, aux familles de malade. Remis en main propre bien sûr. Car Djilali ne fait confiance à personne dans les pays dont sont originaires les enfants. L’Algérie notamment. Si un enfant malade n’a aucune valeur auprès du personnel médical algérien, les médicaments et autres matériels neufs en ont bien plus. C’est une vérité malheureusement mais nous nous garderons de généraliser. Djilali nous explique d’une rapidité folle chacune des étapes à faire pour soigner un enfant en France. Sans oublier de remercier au passage quelques chirurgiens français qui acceptent d’étudier ses dossiers médicaux. Ces mêmes dossiers que leurs confrères algériens ont refusé d’ouvrir et décidé: « on ne peut rien faire ».

Nous osons lui poser une simple question: « Comment peut-on t’aider? ». Une question qui parait si bête quand nous voyons tout ce qu’il fait, seul. « As-tu besoin d’argent? ». La réponse fuse: « Non!!! ». « L’argent, ce n’est pas un problème » dit-il. « As-tu besoin de quelques choses? » Sa réponse nous laisse sans voix. « Moi, grâce à Dieu, je n’ai besoin de rien. Ce sont les enfants malades qui ont besoin de tout. Moi je ne suis qu’un intermédiaire. Je suis le porte-parole de ces malades. Je ne fait que transmettre leurs souhaits. J’ai entendu dire que des aveugles avaient besoin de cannes blanches en Algérie. Je suis allé écouter leurs demandes et suis revenu transmettre leur message à qui voulait l’entendre ici en France. C’est tout. Un homme s’est alors présenté à moi pour leur acheter les cannes. Il les a acheté, je l’ai emmené avec moi en Algérie pour qu’il les remette en main propre aux aveugles. J’ai entendu dire qu’une jeune fille handicapée avait besoin d’un fauteuil roulant dans un village perdu d’Algérie. J’y suis allé. J’ai vu cette fille couchée, à même le sol, dans une pièce humide, à peine éclairée. Je l’ai écouté. Je suis revenu en France trouver tout ce qu’elle m’a demandé, puis lui ai apporté. On m’a parlé d’un orphelinat dans lequel il manquait de tout. J’y suis allé. J’ai fait une liste. Je l’ai faite circuler autour de moi en France. Puis je suis parti leur apporter. ». Les récits se sont enchainés, parfois touchants, parfois tragiques, parfois drôles.

Djilali vit modestement. Ce qui le motive, c’est de rendre le sourire à un malade, voir un enfant qui a la simple vu d’un ours en peluche oublie sa maladie n’a pas de prix à ses yeux. Il n’y a rien d’autres qui le motive. Venir de Toulouse à Nantes, ce n’est rien. Surtout lorsqu’il repense aux enfants qui souffrent et qui comptent sur lui. Djilali a d’ailleurs divorcé car son épouse n’arrivait plus à supporter tout cela. Elle a voulu l’aider dans un premier temps puis s’est vite trouvée submergée par tant de souffrances, tant de malades, tant de douleurs, tant d’absences de son mari. Djilali l’avait averti: « Rien ne se mettra en travers de moi et de ces enfants ». Il ajoute: « Tant que ma santé me le permettra, je ferai ça jusqu’à la fin de ma vie. Il n’a rien de mieux sur cette terre que de voir des enfants sourire ».

Djilali ne se contente pas de transmettre des médicaments et du matériel. Djilali accueille, chez lui, dans son modeste appartement, presque tous les enfants dont le dossier médical a été accepté en France. 1 semaine, 3 semaines, 1 mois, 2 mois… Tout le temps nécessaire pour la prise en charge de l’enfant. Nous lui reposons alors la question. ¨Pourquoi être venu jusqu’ici pour au final, ne rien vouloir en retour? ». Djilali répond vite, car il est pressé. Son train pour Toulouse n’est pas loin. Djilali a juste besoin que l’on parle de ces enfants. Si parmi nous, nos familles, nos amis, certains connaissent des enfants malades, handicapés, des adultes aussi, qui ne peuvent être soignés dans leur pays d’origine, alors que ces personnes sachent que Djilali peut surement les aider. Voila ce que veut Djilali. Il est venu pour donner une chance à un enfant, à travers un visiteur du salon, de pouvoir être soigné.

Djilali traite beaucoup de cas en Algérie mais il ne refuse aucun enfant malade, où qu’il soit, peu importe la pathologie. Il a réussi à faire soigner des cas très sévères. Tout est possible. Il a beaucoup de contacts et peut aider quiconque. Djilali vit aujourd’hui pour que tous les enfants malades puissent sourire à nouveau, comme si c’étaient les siens.

Djilali nous a juste demandé de parler de son association, de donner son numéro de téléphone à quiconque le désire, de diffuser son adresse email à toutes personnes voulant faire soigner un enfant qui habitent hors de France. Il fera tout pour l’aider. Djilali possède un site internet dont voici l’adresse: http://www.solidarite-enfants-malades.net/

Attention, les photos présentés sur le site peuvent heurter les plus sensibles. Ces photos, il les présente sans complexe à la demande des principaux concernés et leurs familles. Il faut que l’on parle d’eux. Une image vaut mieux que mille mots dit-on.

Opération “Un aïd pour tous à l’Alambra”

Notre partenaire, le restaurant Alambra, lance à l’occasion de l’Aïd une opération d’une grande générosité! Nous vous faisons partager le communiqué de presse. Un grand merci à eux pour ce geste. Les heureuses personnes choisiront peut-être le plat solidaire palestinien, les « papillotes de Ramallah », en exclusivité à l’Alambra :).

Somalie: 5 familles nourries pendant 1 mois

C’est le bilan de notre jeu « Espoir Somalie ». Votre participation permettra de nourrir 5 familles entières pendant 1 mois par le biais de colis alimentaires! Nous remercions chaleureusement tous les participants, ceux qui ont relayé ou fait parler de notre jeu en faveur de la Somalie et de la Corne de l’Afrique en général.

Nous aurions aimé plus de participants mais l’essentiel est là: apporter une aide alimentaire supplémentaire pour les démunis. Nous venons de transférer les dons au Secours Islamique France. Vous recevrez sous peu une attestation de dons de la part du Secours Islamique France dans le cadre de leur opération « Urgence Somalie ». Pour les gagnants du jeu, un email de confirmation du lot remporté vous sera envoyé, puis le cadeau.

Merci!

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