Catégorie : Témoignages

La vie sous l’occupation israélienne !

La vie sous l’occupation israélienne :
Une double couche d’oppression pour les filles et les femmes palestiniennes!
Traduit par Solivr du site This week in Palestine
lorsqu’en 1967, les forces d’occupation israéliennes ont illégalement annexé Jérusalem-Est, le gouvernement israélien a imposé le statut de résident permanent à la population palestinienne qui vivait à Jérusalem-Est, statut qui peut être révoqué à tout moment par le ministère israélien de l’Intérieur. Cependant, pour conserver ce statut de résident et être autorisés à vivre à Jérusalem, les Palestiniens de Jérusalem doivent prouver que Jérusalem est «le centre de leur vie». Essentiellement, cela signifie qu’ils ne doivent vivre, travailler et résider qu’à l’intérieur des frontières de Jérusalem. Cette politique est conçue principalement pour changer les faits sur le terrain et transférer de force les Palestiniens afin de maintenir une majorité démographique des Israéliens juifs dans la ville. * 1
En raison de leur statut de résidence, les Palestiniens de Jérusalem jouissent de moins de droits que les citoyens israéliens et sont soumis à la discrimination de l’État israélien. Les conséquences ont des répercussions qui ont un impact particulier sur la vie des filles et des femmes dans la zone touchée, mais pour bien comprendre leur situation dans ce contexte, une compréhension de la nature complexe de la société palestinienne est essentielle. La société palestinienne reste patriarcale, régie par les traditions et fondée sur de faux stéréotypes sur les femmes, même si diverses organisations féministes et de défense des droits humains ont fait des efforts remarquables pour changer au cours des dernières décennies. La combinaison de l’occupation et de la nature patriarcale de leur société expose les femmes et les filles palestiniennes à un double péril.
Des recherches menées par le Centre des femmes pour l’aide juridique et le conseil (WCLAC) et la Clinique des droits de l’homme de l’Université de Yale ont révélé que les filles et les femmes palestiniennes à Jérusalem sont confrontées à de nombreuses restrictions et barrières et sont exposées à des violations, par exemple, en ce qui concerne leur l’accès à l’éducation. Premièrement, les filles et les femmes palestiniennes subissent des violences sur le chemin de l’école et à l’école, perpétrées par des colons israéliens et par les forces d’occupation israéliennes. Les femmes et les filles interrogées pour la recherche mentionnée ci-dessus ont explicitement déclaré que l’expérience d’une telle violence contribue à l’anxiété et aux traumatismes et a rendu difficile pour elles de se concentrer sur leurs études, les décourageant même de poursuivre leurs études.
Ce fut le cas de B.J., une mère de deux enfants de 21 ans qui a décidé d’abandonner l’école et s’est mariée tôt après avoir été témoin d’un incident catastrophique de violence commis par les forces d’occupation israéliennes. Elle explique: «En 2015, douze balles ont été tirées sur une élève de mon école alors qu’elle partait pour la journée. Elle était en onzième année, et son nom était M.B. Elle a été abattue suite à une fausse affirmation selon laquelle elle tentait de poignarder un colon. Même si elle a été blessée, elle a été condamnée à huit ans de prison. Après cela, mes parents et moi étions inquiets pour ma sécurité sur le chemin et à l’école. Au départ, mon père ne m’a pas permis d’aller à l’école pendant environ deux semaines. Ensuite, j’ai refusé d’aller à l’école et j’ai décidé que je voulais rester à la maison et ne pas terminer mes études. J’étais bientôt fiancée pour être mariée. Mes parents ont encouragé mon mariage parce que je n’avais pas fini l’école. »* 2

Deuxièmement, renforcés par des attitudes patriarcales durables, de nombreux parents ne permettent pas à leurs filles d’aller à l’école et de les garder à la maison lors d’affrontements avec les forces d’occupation israéliennes car ils estiment qu’ils doivent protéger davantage leurs filles contre la violence liée à l’occupation que leurs fils. Certains parents ont peur lorsque leurs filles sont obligées de franchir des postes de contrôle ou de passer à des endroits où les soldats pourraient les affronter. Les attitudes patriarcales sont ancrées dans la mesure où elles sont imposées non seulement par les hommes aux femmes mais aussi par les femmes aux autres femmes, comme elles sont devenues la tradition. Par exemple, dans les témoignages recueillis par le WCLAC, une mère d’Al-Issawiya a déclaré qu’elle autoriserait sa fille à obtenir un diplôme universitaire uniquement à l’Université hébraïque, car elle est située près du village d’Al-Issawiya. «Je m’inquiète pour sa sécurité, surtout lorsqu’elle fréquente les universités palestiniennes. Non seulement elle devrait traverser des points de contrôle et pourrait rentrer tard à la maison en raison du trafic intense que nous trouvons aux points de contrôle, mais aussi, j’ai peur que quelque chose puisse lui arriver lorsqu’elle franchit le point de contrôle. Je veux qu’elle obtienne de bonnes notes afin qu’elle puisse postuler à l’Université hébraïque, qui est plus proche. Là, son père peut venir la chercher avec la voiture si nécessaire », a-t-elle expliqué. Ces préoccupations restreignent les options et la liberté de choix des filles.

Des attitudes patriarcales profondément enracinées qui sont renforcées par des préoccupations liées à l’occupation affectent une autre mère de 50 ans du village d’Al-Issawiya qui dit: «Je veux que mes filles fréquentent une école près de chez nous, donc je n’ai pas à s’inquiète pour elles d’aller à l’école et de revenir. L’armée et la police d’occupation israéliennes sont partout et ouvrent parfois des postes de contrôle à l’entrée de notre village pour fouiller les personnes qui entrent et sortent. Mes filles ne seront pas en sécurité; Ce sont des filles. Je n’ai aucun problème si mes fils veulent étudier en dehors du village, mais les filles sont plus faibles que les garçons. » Ses fils ont été autorisés à aller à l’école à Beit Hanina et à étudier à l’Université de Bethléem, tous deux situés plus loin, même si elle s’est dite consciente que «les garçons sont plus à risque de subir des violences de la part des forces d’occupation israéliennes». Elle a expliqué: «Mais mes fils ne font aucun problème et évitent tout contact avec eux.» Néanmoins, elle a déclaré: «J’ai dit à ma fille de 17 ans qui veut obtenir un baccalauréat en histoire et géographie que je n’accepterai cela que si elle est admise à l’Université hébraïque. C’est plus sûr car il est plus proche d’Al-Issawiya. Les routes [vers les universités palestiniennes] ne sont pas sûres avec tous les points de contrôle. »

Ces cas ne sont cependant pas la règle car, en règle générale, l’éducation des filles et des femmes est très appréciée dans la société palestinienne et perçue comme le seul moyen pour une femme d’atteindre son indépendance financière. Cela est contraire à ce que certains segments de la société palestinienne attendent d’un homme, qui est considéré comme n’ayant pas besoin d’éducation pour accéder à l’indépendance économique. Un enseignant de l’école secondaire Al-Issawiya pour filles a exprimé ce point de vue en disant: «Un jeune homme peut simplement quitter l’école et travailler n’importe quoi pour obtenir de l’argent.» * 3

Malgré l’encouragement général des filles et des femmes à poursuivre leurs études, le mariage précoce reste une caractéristique importante de la société palestinienne. Comme l’explique D.A., un autre enseignant de l’école, «Le mariage précoce est un énorme problème. Certains élèves ne peuvent pas sortir l’idée de leur esprit. Je sens qu’ils sont assis dans la salle de classe à penser au mariage. Ce n’est pas toujours la faute de la famille. C’est exactement ce que la société attend des filles après un certain âge. »* 4

Ainsi, les pratiques liées à l’occupation et les violations qui y sont associées servent encore à ancrer les attitudes et les phénomènes misogynes dans la société palestinienne. De nombreuses femmes et filles rencontrent des obstacles lors de l’accès à l’éducation; ils sont soumis à de nombreux stratagèmes d’oppression qui comprennent des postes de contrôle, des fouilles humiliantes, du harcèlement de la part des colons et des soldats, et des heures de retard lorsqu’ils tentent d’atteindre l’école. Ces facteurs contribuent à rendre plus tentant pour eux de mettre fin à leur parcours éducatif et de rechercher un mariage précoce.

La situation est similaire en Cisjordanie, en particulier dans les zones rurales et les zones de couture. Par exemple, à Hébron, les femmes palestiniennes subissent des formes distinctes de discrimination et de souffrance en raison de leur statut croisé de femmes dans une société patriarcale et de Palestiniennes vivant sous une occupation israélienne violente. Ici, la violence de l’occupation israélienne est ressentie intensément, en raison de la division de la ville en zones notées H1 (sous le contrôle de l’Autorité palestinienne) et H2 (sous contrôle israélien, comprenant la majeure partie de l’ancien centre-ville). Au H2 en particulier, les forces d’occupation israéliennes imposent de sévères restrictions à la liberté de mouvement des Palestiniens même s’ils résident dans la région. L’imprévisibilité de la fermeture des postes de contrôle, combinée à la violence et au harcèlement subis aux postes de contrôle et dans le quartier par les soldats d’occupation et les colons, a accru l’isolement de nombreux habitants palestiniens de la région. Cela a l’impact le plus profond et le plus disproportionné sur les femmes et les filles. La perspective d’être fouillé par des soldats de sexe masculin, ainsi que l’humiliation et l’embarras qui en découlent suffisent à décourager certaines femmes et filles de quitter leur domicile et peuvent les conduire à abandonner leurs études. Par exemple, des témoignages recueillis par le WCLAC auprès de jeunes filles qui résident dans H2 ont révélé que pendant les menstruations, elles ne vont pas à l’école parce qu’elles veulent éviter l’embarras qu’elles ressentent lorsque des soldats masculins aux points de contrôle trouvent des produits sanitaires dans leurs sacs pendant les fouilles.

L’accès à l’éducation est l’un des domaines dans lesquels les femmes et les filles palestiniennes subissent deux couches d’oppression. Il est évident que tant que l’occupation existera avec les normes sociales d’une société patriarcale, elle aura un impact sur tous les aspects de la vie des femmes et des filles palestiniennes, à la fois directement et indirectement.

* Remerciements: Les faits et les conclusions de cet article sont extraits de recherches menées par le WCLAC en coopération avec la Human Rights Clinic de l’Université de Yale, qui devraient être publiées en mars 2020 sur www.wclac.org.

* 1 «Women of Jerusalem: On the Front-Line Facing Occupation», WCLAC, 22 décembre 2019, disponible sur http://www.wclac.org/Library/178/Women_of_Jerusalem_On_The_FrontLine_Facing_Occupation
* 2 Entretien avec B.J., un ancien lycéen d’Al-Issawiya (13 mai 2019).
* 3 Entretien avec M.X., enseignant à l’école secondaire Al-Issawiya pour filles (15 mai 2019).
* 4 Entretien avec D.A., professeur à l’école secondaire Al-Issawiya pour filles
(15 mai 2019).

Le Centre des femmes pour l’aide juridique et le conseil (WCLAC) est une organisation non gouvernementale palestinienne indépendante à but non lucratif qui cherche à contribuer au développement d’une société palestinienne démocratique fondée sur les principes d’égalité et de justice sociale entre les hommes et les femmes. Le centre utilise les mécanismes des Nations Unies pour tenir les parties responsables responsables du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Pendant deux décennies, le WCLAC a plaidé pour la nécessité de lutter contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes dans la société palestinienne et de soutenir la lutte nationale pour la liberté et l’indépendance de l’occupation israélienne, car il considère ces questions comme interconnectées et d’égale importance.

Venez goûter la Palestine !

Article de Fadi Kattan traduit de l’anglais par solivr de This Week in Palestine

La cuisine palestinienne est en train de devenir à la mode dans le monde entier; les gens sont intéressés et curieux de connaître nos traditions, notre cuisine créative et nos cartes de restaurants. Des touristes aux locaux, des expatriés aux chefs étoilés, les yeux du monde entier se tournent vers la cuisine et les restaurants palestiniens.
La variété de notre terroir se reflète sur notre menu de restaurants et sur les petits restos traditionnels qui servent d’excellents plats traditionnels que vous trouverez dans toutes les villes palestiniennes.

Avant d’explorer notre carte de restaurant, nous devons jeter un regard rapide sur nos traditions culinaires. La nourriture de la Palestine est aussi variée que notre terroir et les civilisations qui ont traversé le pays. Notre cuisine est-elle bédouine? Bien sûr que non, mais la cuisine bédouine fait partie de notre tradition culinaire et de notre identité. Est-ce une cuisine maritime? Encore une fois, non, mais les recettes de Gaza et de Yaffa font partie de notre cuisine. Est-ce une cuisine méditerranéenne? Encore une fois, les paysages méditerranéens nous ont influencés.

            Le célèbre musakhan de Palestine

Lors de votre visite en Palestine, ne regardez pas uniquement les sites archéologiques et religieux du pays. Intégrer la nourriture et la gastronomie dans vos projets de visite pour goûter et sentir les produits fantastiques, goûter les meilleures recettes et rencontrer des Palestiniens intéressants tout au long du parcours.
Que vous souhaitiez découvrir les goûts de la Palestine seul ou dans un groupe lors d’une visite, de nombreuses options sont disponibles. De la découverte de la cuisine sacrée de mon ami Izzedin à Jérusalem à nos partenaires à Farayek à Bethléem avec le grand duo Nadeen et Christine, les visites gastronomiques en Palestine sont à votre disposition. Vous ne savez jamais, vous pouvez me rencontrer sur l’un ou l’autre!
Si vous organisez votre propre tournée, commencez par les producteurs. Dans le nord de la Cisjordanie, prenez le temps de visiter le commerce équitable de Canaan et de rencontrer le visionnaire Nasser Abu Farha. Dans la région de Ramallah, allez déguster la bière et les vins de Taybeh et discutez de vins avec le brillant Canaan. À Jérusalem, entrez dans l’usine Al-Jebrini Tahina. Dans la région de Jericho, dirigez-vous vers le nord de la mer Morte pour découvrir le sel fantastique produit par notre ami Hussam Hallak à la West Bank Salt Company. À Bethléem, ne manquez pas l’Orient Mills; Tewfic rôtit le meilleur café de ce côté du monde. À Hébron, arrêtez-vous chez l’un des producteurs de halkoum et goûtez à ce doux parfum de délice de fleurs.

Knafah de la Palestine, mondialement connu.Knafeh de la Palestine, mondialement connu.

Passons maintenant aux restaurants, aux petits magasins d’alimentation et aux confiseries. Chaque ville palestinienne a quelques endroits emblématiques. Il est plutôt impossible de les répertorier dans un article, mais nous allons jeter un coup d’œil aux adresses historiques de chaque ville.
Lorsque vous vous trouvez à Naplouse, plongez dans les ruelles de la vieille ville jusqu’à ce que vous aperceviez un boucher et un boulanger à proximité. Tous ces magasins auront quelques petites chaises devant eux et un petit kanoun. Asseyez-vous et demandez-leur des Arayes! Vous verrez la viande coupée et hachée devant vos yeux, farcie dans un kmaj fraîchement sorti du four et grillée sur du charbon de bois. Commandez du yaourt de chèvre sur le côté. Après cette collation légère, marchez jusqu’au cœur de la vieille ville et suivez l’odeur délicieuse du knafeh nabulsiya en préparation. L’adresse de contact est Al-Aqsa Sweet. Regardez les artisans créer du knafeh frais et dégustez le délicieux fromage nabulsi fondant.
Si vous êtes dans le nord, cela vaut la peine d’aller à Sebastya juste pour la nourriture. Demandez Abu Muhammad et son restaurant pour une soupe parfumée de freekeh et un délicieux musakhan. La riche huile d’olive et le sumac acidulé rendent son musakhan incontournable.
Les choix sont nombreux à Ramallah – les premiers parmi eux sont Bandali pour le houmous dans le centre-ville de Ramallah, Zarour pour être l’un des plus vieux restaurants de mezze et de grillades de la ville, et bien sûr, Rukab’s pour la glace.
Le changement de la population et de la vie socioculturelle de la ville a été bien saisi par le visionnaire restaurateur Osama Khalaf lorsqu’il a créé Darna, un restaurant palestinien haut de gamme et le lieu incontournable de Ramallah. Enfin, les restaurants les plus récents, comme Azure, Al-Riyad, Zest ou Pronto, proposent une cuisine internationale et des classiques palestiniens.
Jérusalem, capitale de la Palestine, a également été historiquement notre capitale de l’alimentation. Du café d’Izhiman aux grands boulangers ka’ek de Jérusalem à Musrara, de nombreuses institutions ont survécu à l’occupation de Jérusalem et ont persévéré pour livrer des plats très savoureux. Des plongées culinaires de la vieille ville comme Abu Shukri pour l’houmous, Zalatimo pour le motabak léger et moelleux, aux restaurants plus établis de la ville, la Colony américaine, le toit sur Notre Dame, Al-Zahra et bien d’autres, Jérusalem offre une variété de cuisine locale et un méli-mélo de plats internationaux.

Houmous et falafel. Aussi palestinien qu'il soit!Houmous et falafel. Aussi palestinien qu’il soit!

La belle oasis de Jéricho nourrit le reste de la Palestine de merveilleux produits agricoles, allant des petits paysans aux dattes aux fourrages d’herbes aromatiques (khbeisa, huwerneh), en passant bien sûr par les bananes et les agrumes. Arrêtez-vous dans n’importe quel bayara (orangeraie) en saison et achetez le fruit de l’arbre. Paradis pur!
En ce qui concerne les restaurants, Jéricho, avec sa longue tradition en hiver pour toutes les familles de Jérusalem, Bethléem et Ramallah, propose des mezzés, des viandes grillées et des limonades fraîches ou un verre d’Arak frais dans la plupart des restaurants. Les visiteurs ont le choix entre les anciens établissements tels que Rawda ou les nouvelles adresses telles que Limona ou Al-Bayara.

 

Bethléem, «maison de viande» en arabe; Mais commençons par un arrêt dans les meilleurs falafels et houmous de la ville, Afteem. À quelques pas de la basilique de la Nativité, cette entreprise familiale propose aux visiteurs et aux locaux, du falafel chaud frais au délicieux hummus fatteh. Si votre palais préfère les mezzés, les choix sont nombreux, mais les institutions les plus anciennes de la ville sont Abu Eli, Abu Zouz et Abu Shanab. Pour une cuisine palestinienne contemporaine raffinée, venez me rendre visite à Fawda, dans la maison d’hôtes Hosh Al-Syrian. La ville propose également aux nombreux chefs cuisiniers d’interpréter des plats internationaux et des classiques palestiniens dans de nombreux restaurants.
À Hébron, la scène des restaurants a une tradition de grands plats palestiniens tels que les cous d’agneau farcis, le fukharah, le mansaf et le ouzi. Les lieux traditionnels tels qu’Abou Mazen, Zuwwar, Al-Sham et Al-Quds sont parmi les meilleurs.

Fadi Kattan, analyste du tourisme, chef et hôtelier du Hosh Al-Syrian à Bethléem, a travaillé à Paris, à Londres et en Palestine sur le développement du tourisme, le marketing, la durabilité et la stratégie, la promotion de l’alimentation et de la gastronomie et les relations touristiques internationales.

La solidarité active et le partage au service de votre bonheur

Souvent les gens nous demandent : comment est-ce que vous palestiniens, vous garder le goût de la vie malgré l’occupation, l’apartheid, l’injustice et tous les drames que vous vivez au quotidien ?

Mais à vous aussi dans votre vie quotidienne, il vous arrive d’avoir de moins bonnes journées ? Pour des raisons que vous ignorez, vous sentez-vous parfois plus irritable, susceptible, abattus par le quotidien et colérique qu’à l’habitude ? Comment faire alors pour changer votre état d’esprit ? Existe-t-il des moyens, des trucs et des remèdes miracles pour renforcer nos capacités à rebondir et à rester maîtres de toutes les situations? Voici à cet effet 7 conseils pour être plus résistants en tout temps.

A travers les siècles d’injustices dont les palestiniens ont été victimes, ils ont réussi à développer un état d’esprit et une forme de résistance, qui leur permet de rebondir, de rester heureux et de voir la vie de manière positive !

C’est ce secret que l’on veut partager avec vous aujourd’hui !

  • L’art de voyager

Les palestiniens sont privés de la liberté de mouvement ! Pour la population de Gaza, voyager est un parcours du combattant qui rend le voyage presque inaccessible à la grande majorité des gazouïs! Mais malgré cette injustice les palestiniens ne ratent pas une occasion pour voyager ! Pourquoi ?

Parce que le simple fait de bouger vous fera sentir mieux. En tout temps, lorsque vous vous sentez plus ou moins bien, bougez !

Si possible allez prendre une marche dans la nature. En plus de bouger, profitez-en pour sentir la chaleur du soleil sur votre visage, admirez les paysages, regardez et sentez les fleurs l’été et écoutez les bruits des oiseaux et de l’eau qui coule sur les roches dans un ruisseau. La nature est tellement apaisante et adoucissante.

  • L’art de respirer

Dans les films d’Elia Suleiman, cinéaste palestinien, on voit les palestiniens fumer tout le temps et pourtant c’est un cliché et tous les palestiniens ne sont pas des fumeurs ! Mais pourquoi les palestiniens aiment tant fumer ?

Ils vous diront tous que la cigarette les aide à relaxer. Une bonne partie de leur relaxation provient du fait que lorsqu’ils fument, ils respirent différemment. Ils inspirent profondément et ils expirent lentement. 

Faites la même chose mais sans cigarettes évidemment. Le dos bien droit, confortablement assis sur une chaise, les yeux fermés, prenez de grandes respirations. Inspirez lentement par le nez jusqu’à ce que vos poumons soient remplis d’air, retenez votre respiration pendant cinq secondes et expirez doucement par la bouche jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’air dans vos poumons. Répétez cet exercice pendant deux minutes et observez le sentiment de bien-être vous envahir.

  • Célébrez la vie

Les palestiniens ne ratent pas une seule occasion pour célébrer la vie ! Fin juin avec les résultats du Tawjihi (le baccalauréat palestinien) des grandes scènes de joie ont eu lieu partout en Cisjordanie comme à Gaza malgré les difficultés de la vie !

Et les palestiniens célèbrent les évènements de la vie avec la musique et les danses (comme le dabké) qui ont des effets prodigieux et incroyables. Faites-vous des « playlist » et apportez votre musique avec vous partout, particulièrement si vous empruntez le transport en commun pour vous rendre et revenir de votre travail. Coupez-vous des bruits ambiants et savourez votre musique préférée. La musique a le pouvoir de changer l’état d’esprit d’une personne en un instant. La musique, c’est vraiment magique.

  • L’art du rire

Les palestiniens se racontent pleines de blaguent et aiment les partager à toutes les occasions ! Ils regardent la vie avec une certaine ironie et ne ratent pas une occasion pour rire de tout !

Le rire est l’une des meilleures façons pour changer votre état d’esprit. Les enfants l’ont bien compris eux qui rient en moyenne 400 fois par jour alors que les adultes rient en moyenne seulement 15 fois par jour ! Écoutez des émissions comme « Rires et Délires » à la télévision. Allez au cinéma et choisissez des comédies. Au moins une fois aux deux mois, allez voir des humoristes en spectacle. Les gens heureux rient souvent. Riez-vous souvent ?

  • Pensez à vos rêves et pas à vos problèmes

Pour garder le cap et rester motivés dans les situations difficiles, lisez des livres de motivation. Après quelques pages seulement, votre estime de vous-même sera plus élevée et vous vous sentirez inspiré et animé par un désir d’agir sur vos rêves. Vous croirez que tout est possible et vous penserez désormais à vos projets plutôt qu’à vos problèmes !

  • Restez solidaires et partagez

Quel que soit votre situation, vous êtes surement privilégiés par rapport à d’autres ! Prenez conscience que des centaines de milliers de personnes sont sans abris, malades et qu’elles se meurent de faim à chaque jour. Faire preuve de compassion envers les personnes qui sont moins fortunées que vous vous fera instantanément vous sentir bien et reconnaissants. Lorsqu’on ne se sent pas bien, c’est souvent parce qu’on pense trop à soi.

La solidarité et le partage permettent de Changer votre état d’esprit afin de vivre le bonheur instantanément est plus facilement que bien des gens ne le pensent. Vous êtes responsable de votre bonheur et personne d’autre.

Agissez avec Solivr en soutenant les paysans et les artisans palestiniens et choisissez d’être solidaires maintenant ! N’attendez pas et passer votre commande des maintenant car ceux qui ont produits et fabriqués nos épices, nos keffiehs, nos céramiques … les ont fait avec amour et dans un esprit de partage pour vous faire plaisir et vous faire profiter d’un savoir-faire millénaire!

Alors sans tarder allez sur le site et profitez des promotions sur la plupart des produits Made in Palestine !

Gaza – Vingt ans plus tard

Par : Mkhaimar Abusada

La bande de Gaza, située du côté est de la mer Méditerranée, ne dépasse pas 365 kilomètres carrés et compte deux millions d’habitants. La pression démographique a été critique dans une région où l’eau et les terres arables sont limitées et où les infrastructures sont insuffisantes (routes, réseaux d’égouts et réseau électrique) et de nombreux obstacles internes et externes résultant du siège et du blocus israéliens, qui l’ont transformé dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde.

Le premier numéro de Cette semaine en Palestine a coïncidé avec les jours d’or de Gaza en 1998. À cette époque, Gaza était le centre de la politique palestinienne après la signature des accords d’Oslo en septembre 1993 et ​​la création de l’Autorité palestinienne en 1994. La communauté internationale avait promis de faire de Gaza le Singapour du Moyen-Orient. En quelques années, l’infrastructure de Gaza a commencé à se développer, l’économie était en plein essor et, surtout, plus accessible. Le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte était ouvert 24 heures sur 24 toute l’année. En 1998, le regretté dirigeant palestinien Yasser Arafat a inauguré l’aéroport international de Gaza. Des vols de Gaza au Caire, à Amman, à Chypre et dans d’autres pays ont relié Gaza au monde extérieur. Le port de Gaza en construction lors de l’éruption de l’Intifada a été rapidement détruit par la suite par Israël.
Le déclenchement de la deuxième Intifada palestinienne en septembre 2000, ainsi que la violence et la résistance armée qui ont suivi contre l’armée et les colons israéliens à Gaza, ont déclenché des représailles massives de la part de l’armée israélienne contre les infrastructures et l’économie. Elle a surtout détruit complètement l’aéroport international de Gaza nouvellement inauguré et le mouvement à l’intérieur et à l’extérieur de Gaza.

Photo de Basel Al-Maqousi

Le lourd tribut financier et militaire de la deuxième Intifada a poussé Israël à se retirer unilatéralement de Gaza en septembre 2005. Israël a affirmé que Gaza n’était plus sous occupation, mais il a verrouillé les portes de Gaza; et un an plus tard, après que le Hamas ait kidnappé le soldat israélien Gilad Shalit, Israël a institué un siège extrêmement restrictif et un blocus contre Gaza dans toutes les directions – terrestres, maritimes et aériens – laissant les habitants de Gaza frustrés et désespérés.
La situation a empiré après la prise du contrôle de Gaza par le Hamas en juin 2007, marquant ainsi le début de la division politique entre la Cisjordanie et Gaza *. En conséquence, Israël a classé Gaza comme une entité hostile en septembre 2007 et a autorisé l’importation de produits alimentaires dont nous avons cruellement besoin pour prévenir la famine et le désastre humanitaire à Gaza. La fermeture israélienne a progressivement obligé Gaza à devenir de plus en plus dépendante de l’aide extérieure, même pour les éléments les plus élémentaires nécessaires à la vie quotidienne, et les conditions économiques se sont détériorées, entraînant une pauvreté généralisée. Le taux de chômage est supérieur à 40% et les chiffres des Nations Unies placent le chômage des jeunes à des niveaux critiques.
Le siège israélien a poussé le Hamas et les Gazaouites à construire des tunnels passant sous la frontière égyptienne pour acheminer du carburant, des matériaux de construction et des biens de consommation. Une nouvelle catégorie de propriétaires de tunnels et d’entreprises de contrebande a prospéré à Gaza entre 2008 et 2013. Toutefois, en juillet 2013, le nouveau régime égyptien a lancé une grave répression des tunnels, provoquant une pénurie de nombreux produits de base à Gaza. Les modifications apportées aux restrictions imposées par Israël aux importations en 2010 après la flottille turque ont entraîné une reprise de certaines activités économiques, mais les exportations régulières à partir de Gaza (par exemple, les produits agricoles tels que les agrumes, les fraises et les fleurs) et les meubles ne sont toujours pas autorisées. Les mesures du niveau de vie à Gaza restent inférieures aux niveaux observés au milieu des années 90.

Enfants de Gaza sur la plage

Un rapport des Nations Unies publié en 2012 indiquait que Gaza ne serait plus habitable en 2020 si le siège et le blocus israéliens restaient en vigueur. Selon le rapport, de nombreux habitants de Gaza vivent dans l’insécurité alimentaire, principalement à cause d’un manque de moyens économiques plutôt que d’une pénurie de nourriture. Quatre-vingt pour cent des ménages reçoivent une forme ou une autre d’assistance de la part de l’UNRWA, du PAM et d’autres agences de secours locales et internationales, et 39% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Gaza était autrefois une ville prospère sur la côte méditerranéenne, entourée d’agrumes et de champs fertiles. Aujourd’hui, Gaza se bat pour sa survie et sa gloire. Le symbole de Gaza, le phénix, représente les multiples renaissances de Gaza sur le même site au cours des 5 000 dernières années.

En plus du siège et de la fermeture, Gaza a subi trois grandes agressions (guerres) entre décembre 2008 et juillet 2014. La pire a été observée à l’été 2014, qui a entraîné la mort de plus de 2 200 personnes, plusieurs milliers de blessés et destruction massive d’infrastructures et de logements civils. Quatre ans plus tard, Gaza n’a pas été complètement reconstruite en raison du manque de financement international et des restrictions persistantes imposées par Israël sur les matériaux d’infrastructure.
Cependant, le pire est à venir. En avril 2017, l’Autorité palestinienne a mis en place un certain nombre de mesures visant à faire pression sur le Hamas pour qu’il renonce à son contrôle de Gaza * 2, paralysant encore plus une économie déjà extrêmement tendue, après plus de dix ans de blocus, et enfonçant davantage les habitants de Gaza dans la pauvreté. et le chômage. Mais les Gazaouis ont survécu au siège et aux mesures de l’AP en organisant une manifestation de masse non-violente le long de la barrière séparant Gaza et Israël qui a débuté le 30 mars 2018. Cette manifestation a entraîné la mort de plus de 200 habitants de Gaza, dont la majorité étaient des civils. une poignée de journalistes, d’ambulanciers paramédicaux et de personnes handicapées. La communauté internationale et les groupes occidentaux de défense des droits de l’homme ont condamné le recours excessif à la force par Israël contre les civils à Gaza, mais cela n’a pas empêché Israël de prendre pour cible des civils.
L’année 2017 a été marquée par 50 ans d’occupation militaire de la Palestine par Israël et par 10 ans de siège et de blocus de Gaza par Israël. Face à cette sombre étape, de nombreux jeunes à Gaza considèrent Israël comme la source de leur misère et de leurs souffrances. La promesse de Singapour du Moyen-Orient est devenue un cauchemar pour les Palestiniens à Gaza. Avec des niveaux sans précédent de pauvreté, de chômage et d’avenir, les rêves de la jeunesse de Gaza ont été brisés. Le suicide, la toxicomanie et le taux de criminalité ont considérablement augmenté au cours des deux dernières années, conséquence du désespoir. L’écrasante majorité des habitants de Gaza a perdu tout espoir d’un avenir meilleur à Gaza et est prête à changer de vitesse et à faire demi-tour. Des centaines de jeunes ont réussi à quitter Gaza pour l’Europe et beaucoup d’autres essaient. Mais tous les habitants de Gaza ne peuvent pas partir.
Le seul moyen de sauver les vies brisées à Gaza est de lever le siège et le blocus d’Israël et de mettre fin à la division politique interne entre les Palestiniens. Cela pourrait être le moyen de rétablir la normalité et de créer l’espoir d’un avenir meilleur.

  • 1 Peu après la victoire du Hamas aux élections de 2006 jugées ouvertes et justes par les observateurs internationaux, la communauté internationale a cessé de soutenir le gouvernement palestinien. Le Quartet, Israël et l’Autorité palestinienne ont boycotté le Hamas et lui ont demandé de reconnaître Israël et les accords d’Oslo et de condamner le terrorisme. Le Hamas a refusé car il considérait ces concessions comme les seuls points de négociation à leur disposition.
  • 2 Le Hamas affirme être engagé dans des négociations non officielles avec Israël et les rumeurs concernant les points de discussion vont des mesures humanitaires à la réouverture du port, voire de l’aéroport. Israël nie ces affirmations. L’Autorité palestinienne en tant que bénéficiaire officiel d’un soutien financier aux Palestiniens a protesté contre le fait que le Hamas n’a pas le pouvoir d’engager seul de telles négociations.

M. Mkhaimar Abusada est professeur associé et président du département de sciences politiques de l’Université Al-Azhar à Gaza. Il est l’auteur d’un livre et de nombreux articles universitaires et de courts essais dans des journaux et des revues universitaires de renommée locale et internationale.

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